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02/04/2006

je vous ai pas compris !

Quelle semaine Gaullienne !

Personnellement j’ai revécu sa période vide (48-58, je crois, je n’ai pas vu le téléfilm). J’ai attendu toute la semaine que la France veuille bien m’appeler au secours moyennant rémunération. Tel un Jospin rétais, j’ai sortie ma petite tête de temps en temps, histoire de me rappeler au bon souvenir de mes contemporains.

– Houhou, c’est moi, oui, oui, je passais là par hasard…non ! Tout va bien ! Pensez donc, ça bosse à donf ! … Attention, je ne suis pas un gréviste !... La précarité quand on veut travailler ça n’existe pas !... J’ai balancé conneries sur conneries, à tout va, mais rien n’y a fait.

Comme le grand Charles, j’ai soigné l’angoisse de l’inutile par l’alcool, la famille, le foot et les drogues. Comme lui, je me suis mordu les lèvres quand le banquier m’a annoncé tel un Malraux revenant de la salle de gym – « on arrête tout là ! » - 

La France n’a plus besoin de moi ? L’industrie me lâche ? La finance me lâche ?

"Bon sang de bonsoir, ça va chier des bulles" (je ne suis pas sur que De Gaulle l’ait dit tout à fait comme ça). "Yvonne ! Amène moi une bière près du téléphone, je suis sure que ça va pas durer et puis il y a « Rex » sur la 2 à 14h00."

Le Général, qui était très Derrickien dans l’art de porter le pantalon sous les aisselles, aurait adoré « Rex », le chien policier allemand. Je le tiens de ma propre vision de l’homme et cela me suffit.

Nous sommes mardi et c’est la grande manifestation anti CPE. Aux abords, nous nous promenons, Rex, le Général et moi-même. Charly est en survet, il ne veut plus se raser, ni se laver, le chômage lui pèse. Ce con de Rex est encore à renifler à gauche, à droite (plutôt à gauche) s’il n’y aurait pas quelques crimes à mettre sur le dos de ces gauchistes bruyant. Je lui propose le délit de bruit intempestif sur la voie public mais ce con en profite pour poser une déjection au milieu du trottoir qui rendrait jalouse la mère d’Eric Raoult et pourrait lui valoir 160 euro d’amende et un coup de latte à celui qui l’a dressé ainsi.

J’avise le grand Charles du grand nombre de participants, de jeunes étudiants, mais aussi des salariés, des syndicalistes, des vieux, des moins vieux, des moins jeunes.

Le Charly, il est tout secoué. Il sait le pouvoir des grands, il connaît les bénéfices des puissants, l’orchestration magistral de la symphonie des fortunes, il a croisé ces 10 % qui ont tout, qui généreusement laisse à 30% de quoi bricoler un peu et font un doigt d’honneur aux 60 % qui restent. Charly, il est toute chose. Il s’approche des manifestants, l’air décidé, il lève ses grands bras et se met à brailler :

-Vous n’avez rien compris ! Vous feriez mieux d’aller botter le cul des puissants hors de France ! Vous allez perdre la bataille du CPE mais vous ne perdrez pas la guerre pour votre liberté !

- Charly président ! ont répondu quelques étudiants, j’ai vu briller son œil torve, ça lui a donné des idées.

Il  a remonté son pantalon de survet’ jusqu’aux aisselles, il attend que la France l’appelle.

- Oua oua a fait ce con de Rex, je lui ai mis un coup de latte, je ne sais pas dire "ta gueule !" en allemand.

"c'est le Delco."
BHL - "comment va le monde"

 

 2.4.06

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