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04/02/2011

Une journée avec ton maitre

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Tous les matins, je me lève sans aide à 5h58. Ainsi je peux faire savoir à mon assistant qui appelle à 6h00 pour me réveiller, qu’il n’est pas indispensable, dès le début de la journée.
Avant de déjeuner, je vérifie l’état des bourses internationales. Si elles sont en baisse et que je perds de l’argent, alors je suis d’une humeur massacrante et j’emmerde mes assistants  toute la journée. Par contre si elles montent et que je gagne encore plus d’argent, alors je suis ravi et pour le plaisir j’emmerde mes assistants  toute la journée.

Généralement, je me réveille dans des palaces où la chambre est si chère que j’exige une suite. Ce n’est pas que j’ai besoin d’espace mais, en tant que grand patron, je me dois d’exiger la plus grosse part du gâteau afin qu’un de mes assistants, ou même un autre grand patron, n’en profite pas.
Je me fais donc livrer tous les journaux du jour, repassés par ma secrétaire (j’ai horreur de me salir) et  le petit déjeuner le plus copieux possible. Mais ne bois qu’un thé. Ensuite je vais me plaindre de la mollesse des œufs brouillés, de l’acidité du jus d’orange ou même que le lait est trop tiède. Bien sur, je me plains uniquement à mon assistant qui est mon relais avec le monde extérieur. C’est un tel suceur de nœud que j’adore lui passer des savons au sujet de tout et de rien.

Devant mon thé, si je lis qu’il y a des grèves ou des conflits sociaux, je vire toujours une petite centaine de personne dans le monde afin que les autres comprennent bien la chance qu’ils ont. Mais si, dans la presse tout va bien, alors je vire toujours une petite centaine de personne dans le monde parce qu’il vaut mieux virer  que…Heu...

Ensuite,  nous partons dans des limousines énormes, moi, mon assistant et ma garde rapprochée, nous assistons à des réunions, des colloques, des séminaires ou des présentations, toutes ces occupations qui réclament de rester assis et de savoir parler gros chiffre sans se tromper pour rassurer les actionnaires et tout ces branleurs de trader. Parfois on me demande de lire des discours, des réponses  aux actionnaires, de jouer des  dialogues avec des vedettes de la télé. J’ai même expliqué la vie au petit prince devant 2000 managers. Il faut vraiment être fondu.

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Je mange tous les jours au restau ou dans des palaces. J’en ai plein le cul des petits pains rond et des entrées au saumon. Hélas, la finance n’est plus à l’épate mais au rendement. C’est dommage, j’aimais bien les seaux de caviar.
Après un verre de grand vin, je raconte toujours une anecdote sur mon, soi disant, passé de rugbymen. J’en rajoute sur le parallèle entre le capitaine d’une entreprise et celui d’une équipe de rugby. J’appuie bien sur le besoin d’être une équipe qui la joue collectif dans l’intérêt de la victoire. Les abrutis qui m’écoutent se prennent pour Chabal et oublient les miettes que je leur distribue pour ce faire piétiner.

L’après midi nous filons souvent, ma petite équipe et moi, vers une nouvelle destination, une autre réunion, une autre ville, un autre pays, un autre continent. Un autre endroit ou on se comprend question tutune. Limousines,  lounge de l’aéroport, avion 1ere class ou jet privée, limousine, Palace. Nous voila prêt pour finir la journée avant la réunion de demain. Généralement, je n’ai pas à lever mon cul de toute la journée, mes larbins doivent être  persuadé que je suis la réincarnation d’un truc pas croyable car ils sont prêts à tout pour moi. Les cons. Enfin c’est ce qu’ils me laissent penser.

Le soir, tout le monde écoute mes visions élito économico politico financières. Obligation, pour tout le monde de pouffer de rire devant mes saillis molles et minables. Je suis un gestionnaire pas un comique bon sang.
Je sens bien que tout le monde veut ma place et me lèche pour au moins garder la leur. Je sais bien que les vipères qui m’entourent riront de mes traits d’humour tant que j’aurai du pouvoir comme j’ai ri des blagues minables de mes prédécesseurs. Enfin seul, je me sens triste et décide avant de m’endormir d’emmerder encore plus ce tas d’indigents et de serrer encore plus le kiki des ineptes prolos qui leur obéissent. Sur ces pensées, je dors comme un bébé, rêvant de dégraissages sauvages, de salariés maniables et malléables,  d’un gouvernement qui ferait son possible pour me faire plaisir, des stocks options comme s’il en pleuvait et même parfois de jetons présence qui tombent tout seul.
La vie quoi !

Je suis une femme
Ali be good
M. Alliot Marie – le secret de mon teint

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