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24/03/2011

like a jogging stone

17h00, rien à faire, à peine un demi et 2 flans au riz à midi. C’est le moment idéal pour aller faire un footing, se faire une bonne suée et recracher tout le bon Chinon des jours précédents. Un  tee-shirt "Aberdeen Angus beef is best", un short large à 5 euros et des baskets à 180 (le chinon, ça pèse, faut protéger les articulations). Le mp3 sur les oreilles, je me mets à genoux et chante les louanges de l’inventeur de cet engin qui m’a fait découvrir le sport sous un nouvel angle, un nouvel ange.
J’envoie toujours « let them all talk » de Costello pour démarrer. Ça grouille de bagnoles, merde, 17h00, off course. J’arrache quand même grâce à Elvis, ça crie, ça grouille, y a de la trompette, ça me tiens jusqu'à la voie ferrée. Déjà mort, ou plutôt encore mort. Je ralentis sur l’intro live d’Under my thumb. La pollution et toute ces bagnoles m’ont cramé mais je revoie Mick courant de gauche à droite en collant de  foot américain et je m’accroche, take it easy baby, it’s alright.

 La voie ferrée est plus sympa que la traversée des boulevards et le Mick a fait son effet, pile poil le « stand by me » de Clash pour la descente vers le pont « Victor Hugo » ou « Afric Simone »,  je ne me souviens jamais lequel des deux  mais il signifie le début de la verdure et de l’eau, un beau voyage…Aretha Franklin chante « le little prayer.. ». Au moment ou j’atteins la rive et j’ai la première suée. Le chinon et le demi de midi s’en sont allés et c’est comme si Aretha ne chantait que pour moi, my darling believe me. Le chemin est empli de feuilles mortes et ça tombe encore de partout, à  droite, la rivière réverbère les couleurs du ciel et renvoie rose orange et bleu plus fort qu’une photo de Géo, le décor assure un max …
Cours petit homme, cours…
Le rythme est là, tranquillement à la demi heure, il s’immisce et ce que l’on pensait impossible, il y a encore 10 minutes, le devient. Un petit « what the world needs now, », un rigolo « beyond the sea » et encore Costello sur du Baccarach et me voila déjà au club des rameurs. Sur les wowwowo de la fin, je mate les fesses d’une rameuse qui porte son « canoë ? ».
Oups, j’ai failli me casser la gueule sur une racine, qu’elle connerie, j’aurais raté l’allée des pins sur « Changing of the Guards » de Dylan, une putain de ligne droite sur cette invraisemblable chanson, je ne pouvais trouver mieux. Je la mange comme Alice Cooper, les pitits zoziaux.
Je tiens une telle forme que je me permets même d’accélérer pendant « rebel rebel ». Les foulées  s’enchainent j’arrive au chemin « Charles Ingalls » pleine bourre, c’est un long ponton de bois, installé sur la rivière, qui donne vraiment de la gueule à cette ballade. Sur le ponton, plus question de ralentir, l’ordre national des joggers défoncé l’interdit formellement. Ne parlons pas d’un quelconque arrêt. Sur le ponton il faut s’arracher et "Police and thieves" m’y aide et puis … Au loin, en face …Au milieu des cygnes qui s’envolent…Arrive Emma Peel qui fait son jogging, je sourie en reprenant mon souffle, j’espère que ce n’est pas Alex Taylor déguisé. Emma porte un de ces survêtements noirs à bande rouge qu’elle affectionne mais ce n’est pas Emma. C’est une jolie brunette qui porte les tenus d’Emma comme Jacques Attali, la tronche du ténia …

Je suis au bout du ponton, j’ai le droit de ralentir, j’en profite, cette version de « Dead flowers » par Townes Van Zandt m’ouvre les yeux sur les tours qui bordent dorénavant mon terrain de jeu, fini les arbres, j’entre en ville and i won’t forget to put roses on your grave…

Le pont de la tournante est passé au ralenti pour en garder sous la jambe. Quand Curtis Mayfield démarre, j’ai comme une décharge dans le bas de la hanche et je double coup sur coup; une femme de footballeur en survêt blanc et valentin des brigades du tigre qui revient de son entrainement de boxe française. Il aurait pu changer de pantalon, le con. Move on up !

J’arrive au pont de la mouillette tellement fort que je manque, de peu, me foutre la gueule dans l’eau. Je me soupçonne d’aller trop vite. Quand la route 66 du bon docteur feelgood me rappelle que je ne suis pas un bouffeur de yaourt, je renvoie une purée digne de Vico (le roi de la purée, pas l’autre.. ., heu,  Quoique, ok, désolé.
Me voila qui sprint comme Mannix dans le générique, sur le port des navettes à touriste. Heureusement l’amicale des chiffres et des lettres de Lougniart passait par là et ralenti le véhicule fou que j’étais devenu. Je balance un jet de bave pour remercier la foule de s’écarter et la douce Ella me suggère fort intelligemment de lever le pied. Je me vide une narine au vent et décide de faire le grand tour ! La grande boucle ! Jusqu’au pont du fisme et retour par l’allée de la balloché, mais pourquoi j’ai foutu crocodile rock sur ma compil ? Lalalala.

C’est parti pour la grande boucle, Elvis est avec moi, le Presley, pas l’autre. Tous les deux on y va mollo mollo, pas un pas de trop, on récupère, on se refait une santé, Suspicious mind,…Le pont du fisme est là, l’arrêt de tram avec tous les mômes qui sortent des lycées. Poussez vous ! Ou je vous asperge de sudation au chinon ! Ca s’écarte dur ! C’est plus Zatopek, c’est moïse, je lève les bras au ciel pour remercier le créateur au moment ou Eva Cassidy balance sa beuglante sur « cheek to cheek », I m in heaven…Pour la peine je passe par l’ile du pervers, ça rallonge mais c’est ça qui est bon…

Je traverse l’ile sur un nuage , les genoux au dessus des yeux, Frankie me chante "Fly me to the Moon" et je commence vraiment a décoller , in another word, je m’envoie des grandes doses de testotesoroesïde (que sais je ?) et  ça me fait comme du « vraiment bon ». A courir comme un dératé, me voila déjà dans l’allée de la baloché. Des bancs, des beaux immeubles, des vieux pêcheurs  et ça ? un oiseau ? un avion ? une fusée ? Non G-firmin ! qui envoie comme sa race !

Rien ne m’arrête, pas même l’orage de Brassens, je remonte le pont de la tournante à contre sens alors que la nuit tombe, 2 voitures me ratent, je rie et continue de courir, ha haha, ce truc brésilien de doit pas y être pour rien, je me marre et j’accélère encore …Ha haha !

 L’expression « être sur le retour » prend toute sa signification lorsque j’atteins de nouveau le ponton au son du vieux Cash et de sa version démente de "Personnal Jesus". Je suis dans le dur et toujours pas le droit de ralentir, c’est la loi sur le ponton ! reach out and touch faith.

 Il fait de plus en plus sombre et c’est maintenant la peur du psycho tueur de jogger qui me pousse et peut être aussi un peu ce truc lumineux de Jorge ben, fait pour les sous bois sombre…

Tiens joss Stone ? Ouaip , pas mal, ça permet de ralentir un peu… Je ne vois plus, ni pont, ni eau, ni même chemin. Dans le noir, la bave au lèvre, courant sur un matelas de feuilles humide et trébuchante, j’enchaine les trucs bizarres et me retrouve à soulever les genoux au rythme d’une version idiote et pétillante d’assereje ! Si si ! Ce truc invraisemblable me donne toujours envie de pleurer. Je serre les dents, essuie mes larmes et prends la corde au virage en épingle avant le club de rameur maintenant vide. Léon Redbone et Ringo star me remontent le moral et m’annoncent des heurts meilleures, urf, urf, j'suis pas nyctalope bordel ! Satisfaction d’Otis Redding pour revoir enfin le pont Victor Hugo » ou « Afric Simone » (surement un des deux) et la remontée vers la voie ferrée.

Joe Strummer sur Redemption Song est tellement beau que je pourrais grimper en souriant les 21 virages de l’alpe d’huez  à côté de Pantani. La session stone qui suit me permet d’emballer les barres de HLM et les bords d’usine comme Clapton la femme d’Harrison, les doigts sur le manche…Spider & the Fly, country honk, parachute woman, dead flowers et mes Nike se retrouvent au milieu de la circulation. La maison est toute proche. Heureux, débordant de sueur et de contentement de soi, prêt à répondre présent à toute proposition de ministère. Je suis là Nico !

6 mai 2079, je suis mort d’un arrêt cardiaque, le casque sur les oreilles, serrant fort une vieille cléf USB qui nous permettait d’écouter de la musique dans les années 2000. Je suis partie une larme à l’œil, les jazz butchers m’ont accompagné jusqu’au bout – i hope I never get dry before I get old.-

 

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23/03/2011

juste un nuage

hello_kitty.jpg

20/03/2011

Dédé atomise les ventes

dédé004.jpg

La relegation

 

Am                         G                            E

On a mal commencè la saison

Am                        G                            Em7

On assure pas à la maison

F                             G                            E

Y’a des blessures, y’a des cartons

Am                         G                            E

Je vois qu’ça sent la relegation

Refrain
F                             G
C’est pas fini
F                             G
au jour d’aujourd’hui
F                             G
Tant qu’y a d’espoir
E
Faut y croire


Pour remonter dans ton classement
Je prends les journées une par une
j’m’entraine à soigner mes lacunes
j’suis vigilant en déplacement


Ref :
C’est pas fini
au jour d’aujourd’hui
Suffit d’une bonne série
comme j’dis

Evitons une nouvelle division
j’en appelle à la remobilisation
j’veux pas qu’tout change au mercato
en attendant je fais le gros dos

 

Ref :
C’est pas fini
au jour d’aujourd’hui
quand ça va pas
ça veut pas

 

Ref :
C’est pas fini
au jour d’aujourd’hui
j’ai envie d’dire
j’vais pas sourire

 



G Firmin -

08/03/2011

Pas deçu pour deux sous

Lundi matin.

Au téléphone. Elle me parle, me dit que ses grands chefs l’ont vu, que ça ne va pas, qu’ils s’attendaient à mieux. Ils sont déçus me dit-elle. 

A ces mots, ma décision est prise, I QUIT, je leave, j’abandonne, je refile immédiatement ce dossier de merde au premier venu et qu’ils aillent se faire décevoir ailleurs !

Ils sont déçus ?!!

C’est un nouveau terme qui est arrivé dans le relationing extérieur des grosses entreprises. Dorénavant on est déçu.
Il y a encore un an, on n’aimait pas, on ne trouvait pas ça bien, pas sexy, pas terrible  ou même de la merde,  mais depuis 12 mois, on est déçu.

Qui le premier a balancé « je suis déçu » et a trouvé que c’était bien, qui ? Qu’il se dénonce !

 Cet enfoiré a balancé le plan aux si généreux  gros collabos  de la cosmétoc (suivez mon regard)  qui me l’ont servi tout l’hiver dernier, puis refourgué aux pontes de la junkfood qui ont essayé de me le faire avaler au printemps, avant de le suppositorer aux exemplaires laboratoires pharmaceutiques qui me l’ont intra-veiné jusqu’au cœur de l’été. Ces exemplaires labos ont épidémié  le reste du gratin français. Des télécoms au bâtiment, de la grande distrib’ aux assureurs, de la finance aux énergies, les bagnoles, les parfums, les lessives. Tous n’ont plus que ces mots à la bouche : ils sont déçus.

Selon le Larousse édition 1980 que j’ai sous la main, la déception est le fait d’être trompé dans ses espérances

Espérance, être trompé.

Ce « je suis déçu » sonne tout de même un peu intime après 2 jours de travail. De plus, vue le prix que sont payés ses hauts cadres des grosses entreprises, ce n’est pas des espérances que l’on attend d’eux mais plutôt des certitudes. Laissez nous, à nous les pauvres, le monopole de l’espoir, vous avez déjà tout le reste.

En attendant que vous ayez un peu de lettre et une once de conscience morale, essayez de trouver d’autre termes pour décrier le fait que votre insondable incompétence n’est pas caché par les minables animations PowerPoint que vous espériez me voir réaliser.

On a couché ensemble ? On a gardé les cochons ensemble ? Vous êtes de ma famille ? Suis-je l’abbé, l'imam ou le rabbin de votre paroisse ? Non, non, non  et non, alors gardez vos espérances pour le taux de vos stock-options ou vos primes d’objectif  et branlez vous avec votre main plutôt que sur le dos des petits, ça vous changera, mais vous verrez, vous ne serez pas déçu !

 

" Alors heureuse ?
Déçue ?
Affligée !? Heu, c’est bien ça ? "
G Firmin  - " Mes nuits sont plus minables que les vôtres "

 
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