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06/09/2012

les choses du temps

C’est vrai qu’avec le temps, je ne la voyais plus, je ne la regardais plus. Après toutes ces années passées côte à côte, nous étions devenu deux étrangers l’un pour l’autre. Un jour, je ne sais plus quand, je ne l’ai plus remarqué.

 Comme ces vieux slips au fond du tiroir que l’on sait que l’on ne remettra plus mais que l’on garde quand même parce que… Parce que, on ne sait même pas pourquoi tant ils semblent incommodes, inconvenant et certainement plus à notre taille et que nos yeux ne les distinguent même plus, cachés par les autres, plus jeunes, plus voyant, plus doux peut être. Mais ils sont là, tous les matins, à porté de main. Peut être nous regardent-ils, peut-être nous crient-ils, dans leur langage de slip, « Je suis là ! Reprends-moi ! Porte moi !, je peux encore te soutenir, t’aimer moi aussi un peu ». Mais la vie est ainsi faite qu’on ne les entend plus et qu’un jour, demain, le mois prochain, dans un an que sais je, ils finiront dans la boite à cirage ou dans cet endroit improbable mais qui doit bien exister, le cimetière des vieux slips.

Elle aussi j’ai failli l’oublier, l’éteindre de mes pensées, mais bizarrement, ce matin elle a rejailli a mes yeux.

Elle avait quelque chose de changé. Etait ce depuis la veille ou peut être depuis des mois mais c’est ce matin de début septembre que je l’ai regardé à nouveau et que j’ai vue qu’elle avait quelque chose de changé. Je n’ai pas su ce que c’était tout de suite, mais plutôt que de la toiser, la snober comme cette malheureuse habitude que j’avais pris, ce matin je l’ai regardé à nouveau et j’ai vue qu’elle avait quelque chose de changé. Bien sur, après tous ces jours d’aveuglement, j’ai vu qu’elle avait vieillie, j’ai vue que le temps  avait, sur elle aussi, laissé sa cruelle empreinte, Saturne n’a pas de pitié pour les plus belles roses, pourquoi s’embarrasserait-il pour celle qu’on ne regarde pas.

Mais ce matin, d’un été  pas comme les autres voulait, lui aussi sa part de singularité. Ce matin je la regardais à nouveau et je voyais bien qu’elle avait quelque chose de changé. Après tant d’années, je me suis arrêté devant elle et je l’ai regardé, je l’ai observé, je l’ai retrouvé et après 10 bonnes minutes j’ai enfin compris ce qu’elle avait de changé.

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Ils avaient enfin foutu le prix en euro !





03:15 Publié dans Prololand | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : le temps

28/08/2012

une créa de malade mental

Il est préférable d'avoir lu les autres pour lire cette note (alors au boulot !) 

 J’erre sans travail, en ce mois d’août qui n’en finit plus. Mon portable ne risque pas de vibrer, je l’ai laissé à sa belle mort sous un slip nauséabond. L’ennui est là et comme un môme qui a eu trop de vacance, j’attends la rentrée en espérant de nouveaux copains de classe. Paul mon pote qui chante toujours Couscous Saupiquet quand il est bourré n’a pas ce genre de problème, il est toute l’année en vacance  et pour lui, la rentrée signifie juste  le retour des gamines de 17 ans dans les transports en commun. Pourtant il est toujours à la pointe de l’actualité et m’apprends avec délectation que Billie Cotorep, célèbre vainqueur de Rapido du quartier, exerce  enfin une activité et qu’il la doit à son non moins célèbre modèle de lettre de motivation, reconnue par toute les officines de recherche d’emploi comme THE LETTRE OF motivation (cf. les textes « trouver du boulot » the méthode)

Billie a monté une agence d’aide à la gestion de crise des entreprises et selon Paul, il est plutôt fortiche dans ce secteur, ce que je veux bien croire connaissant sa propension à gérer ses crises de delirium Tremens. Désireux de combattre la canicule, nous décidons de passer chez lui pour s’hydrater sympathiquement.

Billie a installé ses bureaux dans son deux pièces et c’est tout à son honneur de ne pas se la péter sur une grande avenue parisienne ou sur les quai de Puteaux, mais bien de rester dans son quartier pourri car peu importe l’endroit, seul le résultat compte comme dirait cette bonne Nadine Morrano qui a réussi à se faire dégager d’un bled aussi paumé que la Meurthe et Moselle (Cantons de Colombey-les-Belles, Domèvre-en-Haye, Haroué, Neuves-Maisons, Thiaucourt-Regniéville (moins les communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad et Vandelainville), Toul Nord, Toul Sud, Vézelize)

En bas du HLM, j’aperçois une belle Mercedes qui éveille mes soupçons. Est ce que  Billie ne se la pèterait pas un peu ? Mais Paul me rassure, Billie n’a plus le permis depuis 6 ans et ses 3 grammes quotidien d’alcool lui évite de pouvoir le repasser.

Billie nous ouvre, fidèle à lui-même, espadrille, polo de chiotte et futal à élastique, puis il nous entraîne dans son bureau (première pièce à gauche, à côté des chiottes) et nous présente son client du jour. Je comprends à qui appartient la belle Mercedes rien qu’en voyant la gueule de ses pompes.

Rapidement, Billie nous explique la situation. Ce triste sire est le directeur d’un petit fromage rond qui a légèrement raté sa promo, cet été, en offrant des tampons encreurs  au message prônant de passer des vacances de perturbé mental.

Paul, faisant partie de cette catégorie depuis des années, est surpris du problème car comme de nombreuses personnes dans son cas, il a beaucoup d’humour entre deux accés  d’ultra violence. Ravi, le directeur en rajoute, il explique la gentillesse légendaire de son produit ainsi que les merveilleuses actions de bienfaisance qu’organise sa merveilleuse société pour excuser les profits vertigineux que peut rapporter une petite boule rouge remplie de lait et de produits bizarres que ses usines produisent par tonnes.

Navrés par sa triste aventure  et avides, à notre tour, de profiter de la détresse d’autrui, nous lui promettons de bosser  sur une nouvelle offre de tampon et attrapant deux bières au passage, nous laissons Billie prendre en main ce problème.

Hier, tout à notre joie, Paul et moi avons apporté nos propositions à Billie. Il a trouvé ça drôlement bien et nous a  promis de nous obtenir un rendez vous. 

 

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-        - Et pour la gestion de crise, comment ça se passe lui ai-je demandé

-       - Très bien ! Je lui ai dis de se peigner le cul.

Je Je sens que je vais encore rater un boulot.

 

01:29 Publié dans Prololand | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : babybel, crea, paul, marketing

09/08/2012

Les JO de l'ombre 2012

Marre des JO, de ces abrutis décérébrés qui, le plus souvent, ont arrêté l’école à 8 ans pour essayer de courir plus vite que les autres.  Marre de ces images d’allégresse ou de tristesse portées par des commentateurs sous amphétamine qui exultent pour le moindre pet dans l’eau ou bronze dans la vasque (là, ça va chercher loin, vous suivez encore ?). Marre de ces ralentis en HD, accompagnés d’une musique néo folk pop rock racleuse ou l’on peut apercevoir jusqu’aux prémices des follicules qui redonneront du poil à ces corps "éhontément" épilés. Marre de ces tablettes de chocolat exhibées à tout bout de champs quand on n’a pas vu sa bite, cachée sous une montagne de gras, depuis au moins 10 ans.

Le peuple veut des jeux, mais des jeux humains !

Alors, avec Paul (mon pote qui chante toujours Couscous Saupiquet  quand il est bourré) on s’est mis à l’ombre et on a réfléchit sur des Jeux enfin humain et figurez-vous que l’on a appelé ça les JO d’été de l’ombre ! Où est-ce que l’on va chercher tout ça ? Je vous le demande…

Les épreuves :

Le grillage de gueule :
épreuve mixte, couché sous le soleil, crème solaire interdite (sus au dopage ! ) Le plus rouge gagne. Afin d’éviter tout problème de racisme, le gagnant pourra être le premier qui a une insolation
jo

Le cocktail le plus con : 
Il s’agit de commander le cocktail le plus absurde avec la déco la plus immonde dans un de ces bars immondes répondant souvent au doux nom de « L’oasis » ou autre « le California », j’en passe et des meilleurs. Le nom du cocktail doit lui aussi être « con », « idiot » et autres attrape couillon que les vacanciers adorent

joLe look le plus con : 
tout est permis, tout est autorisé, le jury (comme en boxe) choisira celui qu’il préfère, ouvrez les yeux.

jotete de con02.jpgjo

 

L’allumage de barbecue : 
il faut qu’il soit le plus dangereux, le plus explosif  possible, le nombre de blessé et de personnes qui finissent aux urgences  sera un facteur de victoire évident.
 

jo

Le pliage de tente Queschua : 

c’est simple comme un cent mètres, le premier qui arrive à replier une tente Queshua gagne. Attention ! Prévoir de 1 à 48 heures de compétition.

L’attrapage de queue du Mickey :

Choisir le manège avec la musique la plus insupportable possible, le premier qui attrape la queue du Mickey gagne le droit de se retaper « le petit bonhomme en mousse » ou «T'es trop mignon" de  René la taupe en tournant comme un con sur une voiture de pompier pendant environ 5 minutes. Quel con !

jo

 

Et enfin THE compétition of the JO de l’ombre 2012,
LA COURSE de ROSALIE
 
L’horreur absolue déboule dans les rues de votre villégiature, des familles ravies, exultant, pédalent dans les véhicules les plus immondes que la nature humaine ait créée depuis le char à Mammouth. Je vous l’avais dit
" It is the competition !".

jo

 

Pour finir en beauté et uniquement par eau froide sur les côtes de la mer du nord, quoi de mieux qu’une belle épreuve de

La Plus Petite Bite possible en sortant de l’eau glacée 

Le vainqueur a le droit de pleurer.jo
Comme au temps de la grèce antique, nous avons démarré avec les épreuves les plus classiques mais nul doute que l’ère moderne arrivant, d’autres épreuves arriveront  et qui sait, peut être un jour nos jeux connaitront, eux aussi, leur Pierre de Coubertin qui comme l’autre andouille dira :

" l’essentiel n’est pas de gagner mais belle et bien de finir le rosé "


 

 

Les jeux olympiques

 

Paroles et musique : Henri Tachan  
Ce s'rait chouette les Jeux Olympiques,
Tous ces athlétes dans la foulé,
Pour un marathon fantastique
A la seule force du mollet.
Ce s'rait chouette les Jeux Olympiques,
L'émulation sur la cendrée,
Ce s'rait chouette les Jeux Olympiques
Si, nom de Dieu, il n'y avait

Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Couleur kaki
Caca d'oie des frontières
Leurs p'tits drapeaux
Pour chaque nation
Qui claquent au vent
D'une musique militaire.

Ce s'rait chouette les "Souvenez-vous"
Les "N'oublie pas qu'la guerre est conne",
Les recueillements sur les trous
Où les soldats fusillés dorment.
Ce s'rait chouette les "Souvenez-vous",
Le manifestations de paix,
Ce s'rait chouette les "Souvenez-vous"
Si, nom de Dieu, il n'y avait
Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Leurs p'tits tambours
Qui battent la cadence
Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Qui claquent au vent
D'une minute de silence.

Ce s'rait chouette d'aller sur la lune
Dans le scaphandre de Pierrot,
J'y emporterais bien ma plume
Pour vous écrire quelques mots
Ce s'rait chouette d'aller sur la lune
En vacance pour milles étés,
Ce s'rait chouette d'aller sur la lune
Si, nom de Dieu, il n'y avait

Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Pour cette fois Ricains
de préférence
Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Leurs p'tites étoiles
La Grande Ourse s'en balance

Ce s'rait chouette si tous les drapeaux
Voulaient bien se donner la hampe,
Ca f'rait des pyjamas trés beaux,
Des soutiens-gorge pour les vamps.
Ce s'rait chouette si tous les drapeaux
Finissaient un jour draps de lits.
On y ferait l'amour bien au chaud
Avec les filles de leur pays…


02:02 Publié dans Galerie de trucs, Prololand | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : jo

25/07/2012

Un été 2012 -3

Oublié la Syrie,  les licenciements a tout va, l’anniversaire de la rafle du vel' d’hiv’, la tuerie américaine, la tuerie norvégienne de l’année dernière, l’arrivée du tour, le salaire de Zlatan ou même les premiers vrais beaux jours depuis 3 ans. Oublié tout ça, le seul sujet qui importe, une fois que les enfants sont couchés, c’est, bien sur, cette histoire de « pipe, ciment du couple » qu’a osé mettre en couverture l’hebdo néomachiste et néanmoins féminin « Elle ».

A table, chacun a son opinions et, selon le sexe, les avis divergent (pine, vît, sexe et verge dans la même phrase, ça  suffit ou je vous en remets ?). Les vieux couples dans mon genre n’en rajoutent pas, on n’est pas là pour étaler notre vie privée, surtout qu’une fois bourré, on a vite fait de balancer des trucs qu’on pourrait regretter les 15 prochaines années. A peine si on ose dire qu’il faut vraiment qu’ils n’aient plus rien à dire à la rédaction de ce magazine pour titrer des trucs pareils (comme d’habitude, personne  n’a  lu l’article entièrement).

Pour les célibataires, c’est une autre paire de manche (comme dirait le batteur des Def leppard). Ils peuvent balancer sur leur ex’, leurs envies  ou leurs futures. Au pire ils compromettent une possible idylle, au mieux, ils l’excitent.

Loretta se marre, dédaigneuse.

-    - Le ciment du couple c’est un bon bœuf carotte

Elle sait de quoi elle parle, avec ses 2 mômes et le père qui s’est barré il y a 3 ans pour une gamine de 10 ans sa cadettes, ses arguments tombent un peu à plat mais personne ne relève("le plat que l'on relève", si c'est pas une super astuce en rapport avec le boeuf carotte,  je me la pose sur le barbecue dimanche prochain !).

Paul (mon pote qui chante toujours "couscous Saupiquet" quand il est bourré) agrée même dans sa direction et la poesie lui monte à la bouche au rythme ou les liquides en descendent.

-  -- C’est vrai que, même tout seul, on arrive toujours à se vider les couilles alors que se remplir le ventre agréablement nécessite un peu plus qu’une main droite et un tour sur Youporn.

Le rosé coule à flot, les grillades se font dévorer et nos 2 célibataires cèlent leur accord. La pipe, le cul et toutes ses conneries pour faire vendre du papier ne valent rien face au bonheur de se remplir la panse en arrosant le tout. Loretta oublie ce qu’elle pensait de Paul deux heure plus tôt, "ce cas social à l’hygiène douteuse", Paul oublie ce qu’il me glissait le matin même à son sujet, "pourquoi t’as invité cette vieille chieuse (elle a 5 ans de moins que lui !) avec ses insupportables chiarres" et vers 1 heure du matin nous les laissons avec une moitié de BIB (bag in Box) de rosé et une furieuse envie d’accorder leur violon.

Tôt le matin, je suis réveillé par la sonnerie "merci Patron*"  de mon Smartphone qui signifie, enfin, un probable plan boulot pour sauver le mois de Juillet. Je descends à la recherche du téléphone, l’odeur âpre du stupre et de la suée de rosé me prend les narines. Le mini salon de notre location minable a été retourné, bouleversé. Une flasque de plastique qui, autrefois abritait 5 litres de rosé de Provence git sur le sol.  Le téléphone sonne toujours, mais ou est il ? Là ? Non c’est une chaussette. Là ? Herk ! C’est un soutien gorge qui trempe dans le cendrier. Ici ? Pouah ! C’est un préservatif usagé qui tremble encore.

Il est là ! Là, juste sous, sous… Non, ce n’est pas possible. Juste sous un slip kangourou aux couleurs plus que douteuses vrombit une dernière fois mon téléphone. Je refuse d’en approcher ou ma bouche, ou mon oreille. Devant ce spectacle, je refuse même de le prendre en main, je regarde ce slip immonde livrer un dernier soubresaut. Paul sur le canapé me sourit avec un V de la victoire puis me surprend d’un pet matinal tonitruant (comme Al Pacino dans Scarface). A ses cotés, Loretta, planquée sous un drap, est obligée de sortir la tête pour éviter l’asphyxie.

J’ai probablement raté le moyen de sauver le mois de Juillet, ça va être dur d’expliquer ça à la banquière, mais je ne toucherai plus jamais ce téléphone.

Décidément cet été n’est pas comme les autres.

" Cette Loretta, c’est tout de même une sacrée suceuse. " 
"Ce Paul, c’est tout de même un sacré con."
Paul et Loretta  - Un été 2012


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"Si tu vas a Rio, restes-y"
Ronnie Biggs - "je me casse du siècle"

 

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22/07/2012

été 2012 - 2

"Bon, bin je vais au cabinet" ai-je dis, étalant une fois de plus ma classe naturelle. J’ai attrapé le premier magazine qui trainait sur la table basse, choppé mon bon Bic ReAction gel (je me répète mais un jour la maison Bic m’enverra un chèque pour toute la pub que je leur fais) et serrant les fesses, j’ai couru vers ce lieu ou un homme entre et un prince sort, en espérant trouver un bon "mots fléchés", le temps d’évacuer la pizza 4 saisons minable avalée la veille.

Je pose mon séant sur le trône et pas de bol, je découvre un  Madame Figaro. Madame figaro ? Mais c’est quoi ce truc ? Le Figaro Madame ? Non ! C’est un nouveau magazine féminin ! Whoua ! Exactement tout ce que je hais, con comme un magazine féminin et de droite comme un Figaro Madame. Autant dire que j’ai du lourd entre les mains. Voila qui devrait me permettre de pousser dans la joie et la bonne humeur.

La mannequine à choucroute de la couverture aurait due éveiller mes soupçons mais mon œil usé par la couillonerie des Directeurs artistiques n’a rien vue venir. Pourtant après  les 6 pages de  pubs  habituelles, un effroi m’effraie. "Soyez rebelles" dit l’éditorial.  Surpris, je regarde la signature de ce brulot punk entre deux poussées et découvre qu’il est signé de l’ineffable Inepte de la Faisandé. Sus aux mots fléchés, je vais lire ce cri antisocial et me finir au Lotus 3 épaisseurs.

Alors que la sus dite rebelle me site "Tout ce qui brille" (apparement un film...) comme modèle révolutionnaire, je décide d’évacuer mon trop plein organique plus rapidement que prévue, l’habituelle gamine à  poil qui sert de mannequin ne m’arrête pas  et même le retour du soulignement comme parti pris visuel ne saurait retenir mon éruption anal. Ce nouveau mag' est vraiment à chier et son mot croisé de page 98 ne me servira pas d’excuse pour rester une seconde de plus à livrer ma commission.

Je sors, tel un prince, de ce lieu dit d’aisance, me répétant une bonne fois pour toute que l’on ne m’y reprendra plus avec un de ces sulfureux magazines. Toutefois en reposant ce torchon dont le glacé du papier l’a sauvé du torchage qu’il méritait, je glisse un œil sur la couverture d’un de ses confrères et néanmoins concurrent, le "Elle" de la semaine. Comme d’habitude, j’y croise une grougnasse poseuse en photo (pléonasme qui plait aux masses) mais un titre éveille mon attention, "La pipe, le ciment du  couple".

Pour la première fois de ma vie je décide de conseiller la lecture de "Elle" à toutes mes connaissances féminines  et  traverse le camping  avec un casque de chantier sur la tête, une truelle à la main et l’obligatoire rouleau de PQ sous le coude.

Non vraiment, cet  été n’est pas comme les autres.

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15/07/2012

Eté 2012 - 1

A la recherche d’un "mots fléchés" facile pour passer 5 minutes aux toilettes, j’emmène, au hasard et discrètement, le Grazia de la semaine et un Bic réaction gel (un jour la maison Bic me fera un chèque pour toute cette pub gratos) dans la pièce du trône.

Assis et prêt à l’œuvre, je découvre ce magazine.

La lecture du sommaire n’augure rien de bon et je suis même soufflé par l’abrutissement des masses féminines qui s’étale devant mes yeux.

Après 10 pages de pub ou d’invraisemblables Biafras de 14 ans posent pour d’invraisemblables dispensables produits de merdes pour quarantenaires frustrées (dans l’ordre parfum de chiotte YSL , bagnole Mercedes, parfum Cartier de chiotte, bijoux menotte Dinh van (on rêve !), parfum Lanvin (gamine de 13 ans a poil), 2 fois  la 4G Orange (disponible en 2013 !), des montres Technomarine présentées par la sœur de Penelopes Cruz aussi retouchée que sa frangine, la petite robe noire de Guerlain (noire ? Guerlain ? Et mon cul c’est du poulet ?), Maybeline et autre financier de l’UMP… Le tout entrecoupé d’articles ineptes au sujet d’inconnu dont on site le nom (c’est qui ce gros cul de Kardazhian ?)

Enfin j’aborde les sujets de fond. Les implants mammaires, les  Gourous de star (toujours ces deux connes de Moore et Joly), le coming out des stars gays (So interesting !) et enfin la nouvelle vie de la Longorria (passionnant). Je passe sur les fausses expériences des fausses journalistes (j’ai dragué sur internet, en boite ou à la poissonnerie), les putains de vacances de stars que je connais toujours pas (les mêmes que 3 lignes plus haut), c’est qui cette tête de cul de Puff daddy ?

Le régime de l’été (conneries), les robes de l’été ((branleries), les romans de l’été (inepties), la rubrique inutile de Wizman (qui a des impôts à payer comme tout le monde),  l’horoscope à la con et le roman photo débilissime d’une cougnasse imbaisable et toujours pas de mots fléchés. Ma commission est faite et je décide d’utiliser à bon escient ce magazine.

Je me torche avec, tout spécialement avec  la page l’Oréal, qui fourgue une paire de pompe atroce à 990 euros, puis avec délectation sur la tronche de Franck Provost. Aie,  ça fait tout de même un peu mal ce papier glacé, sans compter que le rosé local m’a déjà bien abimé la rondelle comme dirait Jade Jagger.

Je tire la chasse, les pages magazines ne partent pas, je les remets à leur place, surveille la sortie, qu’il n’y ait personne et repose discrètement le magazine à sa place.

Avec un peu de chance, se torcher sur la tronche des stars sera hype en Août !

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05/04/2012

Abus de Cabu

Hiver 2011, dans une gare, alors que j’allais prendre mon billet. Je tombe nez à nez avec Cabu.  Mon idole juste devant moi. Pour les incultes qui ne le connaitraient pas, Cabu est un super grand dessinateur de presse, il est aussi le créateur du grand Duduche et  du célèbre beauf…  Il sévit  chaque semaine dans le canard enchainé et Charlie hebdo et  semble obstinément refuser le moindre déclin pour n’être que meilleurs en meilleurs.

Il parait qu’il convient de garder un peu de décence lorsque l’on croise une de ses idoles, si l’on ne veut pas qu’il vous site comme le cas typique du boulet royale à chacune de ses interview

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Mon premier geste  fut de brailler « Waouh Cabu ! », ce qui peut sembler un peu, heu, typique du con que l’on n’a pas envie de croiser.



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Heureusement j’ai immédiatement rétablie la situation et me suis retrouvé à genoux, en costard sur le sol immonde de la gare Montparnasse



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Puis je lui ai dit des tas de trucs passionnant en m’assurant de ne pas le laisser en placer une. Je lui ai parlé du jour où je lui avais montré des dessins  il y a 20 ans et du jour où je l’ai croisé sans oser le déranger parce qu’il dessinait 10 ans plus tard. C’était vraiment passionnant…

 

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Quand enfin je lui ai laissé en placer une, cet homme au talent immense, à la gentillesse personnifiée,  m’a simplement demandé si je continuais le dessin. Cabu me demande à moi si je continue le dessin !!!!

 


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Là j’ai commencé a vraiment fumer du bulbe, j’ai pensé aux 3 crobars pourris que j’ai dans la sacoche d’ordi, ai-je vraiment le droit de lui faire subir ça ? Non, c’est Cabu tout de même !  Alors je bégaie, « binh bof «  (ce qui résume bien la réponse), je n’ose plus le regarder. Je papillonne, je suffoque. Une vraie teenager !

 

 

 

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Je sens bien qu’il va falloir se quitter. Je l’aurai bien embrassé mais un dernier moment de raison me sauve. Alors je lui serre la main comme si c’était le pape. A Cabu ! Je lui serre la main comme si c’était le pape ! Faut-il que je sois con !

 

 

 

 

 

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Heureusement j’ai  le souvenir de ne pas avoir été
trop lourd à la fin.







La preuve, la bd que j’ai fait dans le train juste après finissait comme ça !

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15/03/2012

Rien foutre, mais le faire bien

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Rien foutre, mais le faire bien

Lundi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.paul_txt.jpg

Le temps d’un petit déjeuner minable, biscotte de merde, Taboulé low cost  et café bas de gamme et voila enfin le moment de mon émission préférée. Les chiffres et les lettres. Mon aversion pour Bertrand Renard n’enlève rien au plaisir de concourir pour la victoire car comme vous ne le savez pas, ce jeu télévisé est le seul ou le spectateur est dans les mêmes conditions que les concurrents. J’écrase mes deux adversaires d’un 8 lettres qui laisserait Laurent Romiejko sans voix. « Cyprines ». J’ai une légère érection en imaginant Arielle Boulin-Prat nous lire la définition et je rate totalement le bon compte, tant mon cerveau s’est soudainement  vidé de son sang. Après ce grand moment de sport, en temps normal, je m’appliquerai à ne rien foutre constructivement. Mais afin de proposer ma vision ignorante de l’activité politique – comme on me l’a demandé-  je m’oblige à faire la tournée des news sur internet.

Je me régale des commentaires sur les élections. Tous ces gens qui n’ont rien d’autre à foutre toute la journée, que de se chamailler, comme moi de les lire. J’adore tout particulièrement le site du figaro. Les échanges y sont féroces. Les messages des gens de droite bavent d’une haine viscérale de la gauche qui fait chaud au cœur.

Mardi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Encore un petit déjeuner pourri. Pour des raisons intimes, j’évite le taboulé matinal et vous invite à en faire de même. Surtout si, contrairement à moi, vous avez des exigences sociales qui ne pourraient souffrir un dérèglement gastrique. Personnellement, la saloperie d’assisté que je suis, peut largement supporter quelques reflux malodorant, tant mon appart est déjà un taudis immonde. Je croise un candidat, en cherchant un film érotique sur la TNT. Ce pauvre garçon déblatère sur les frontières qu’il faut fermer, les prisons qu’il faut ouvrir, les acquis sociaux qu’il faut enterrer pour que les bénéfices puissent s’envoler. Je repère une bonne bourge dans le public, commence à me masturber et vais me finir sur le catch de W9

Mercredi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Petit déjeuner pourri. Je fais du Pen spinning assis dans la cuisine, en regardant dans le vide pendant au moins deux heures. J’ai encore rêvé du Bic bille à boule, un modèle qui n’existe plus. Je suis morose pour la journée.

Le mercredi, c’est le jour des enfants, après mon émission préférée (les chiffres et les lettres) je me traine jusqu’au lieu-dit « le bar, chez Dédé ». J’y retrouve tous les pères du quartier qui viennent de déposer leur môme au judo, au basket, au football, à la dance, au violon, l’accordéon, le catéchisme ou tout autre activité passionnante qu’ils ont trouvé pour se débarrasser d’eux et pouvoir passer une ou deux bonne heures au bar. Je me fais rincer toute la journée, la comtesse, qui n’a pas dessaoulé depuis la journée de la femme, nous entonne « le temps des cerises » avant de s’écrouler en pleurant et mon pote G Firmin ma assuré que j’avais fini par une version métal de « Couscous Saupiquet » avant de me faire virer. Heureusement à cette heure-ci les pères avaient récupéré leurs enfants depuis longtemps.

Jeudi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Petit dej’, café, gueule de bois. Je retourne faire un tour sur les commentaires des sites d’info. La bataille fait rage, les nombres de message explosent, je suis gavé au bout de 5 minutes.

D’un côté, il y ceux qui peuvent plus voir le tenant en peinture. Apparemment, ils sont prêts à élire le gars d’en face !  « Ça pourra pas être pire »  semble être leur cri de ralliement. Ils veulent qu’il dégage. Ce qui semble être, vu le peu que je connaisse des faits, une demande assez réaliste.

En face il y a ce que l’on pourrait appeler les illuminés du président. Ils voient en lui un surhomme, sauveur de l’humanité et seul rempart à l’anarchie gauchiste qui a déjà, et va, vautrer la France dans le fumier de l’assistanat, du fonctionnariat et de la bougnoulie (ce n’est pas moi, c’est eux qui le disent !). Ils semblent être au courant qu’ils sont au pouvoir mais c’est tout de même à cause de cette saloperie de gauche et tous ces enfoirés d’assistés et d’immigrés si c’est le bordel actuellement.

Autour, il y a 2 ou 3 mecs qui braillent « moi, je vote Marine », 1 mec qui dit du bien d’un certain François Hollande et exceptionnellement  un mec modéré de droite, du modem ou d’un autre de ces clubs de faux cul.

Je crois que j’ai tout compris, je m’offre un Picon bière devant mon émission favorite, « les chiffres et les lettres ». Cette Arielle Boulin-Prat a le don de m’énerver, quand elle lit les définitions du dictionnaire. C’est facile de savoir quand on a le manuel !

Vendredi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Petit dej' café. Il faut que je fasse des courses. Pour ne pas céder à la tentation d’être encore plus sale, je lave mon linge. J’abandonne avec tristesse et pour quelques jours un pantalon jogging qui a connu un long hiver. L’appartement  est idéalement mal isolé, pour donner au linge une délicieuse senteur moisie pendant la longue séance de séchage.

Au Simply du coin, je choisie la plus jolie caissière, afin d’égayer mon effroyable misère sexuel. Mais nous sommes 12 à avoir eu la même idée, reconnaissables au nombre de 8.6 bon marché dans le caddie. Je me rabats sur une moins pire que les autres. J’attends. Je me demande pour qui peut-elle bien voter ? Enfin mon tour. Je lui demande. C’est l’équipe de Jennifer qu’elle préfère ???

Samedi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.
Petit Dej' avec enfin quelque chose à becqueter !
J’en ai enfin fini avec cette ânerie de la semaine de… Quand je pense aux tonnes d’articles et de commentaires à la con que j’ai dû m’ingurgiter. Heureusement que mon intelligence supérieur m’a permis de tout comprendre rapidement. Cela m’a laissé du temps pour des activités plus productives.

Ainsi, cette nuit,  j’ai démarré la réalisation de l’album Panini des plus belles gueules de droite, de finis à la pisse. Je le proposerai à la maison mère. Ca va cartonner, les mômes adorent les trucs bizarres.

Je vie de rien
Je n’ai rien
Je suis un assisté

Droite ou gauche ne pourront pas me faire travailler
J’ai des papiers du docteur pour le prouver.
Dans ma tête, Y'a un plomb qui a sauté
et on ne peut pas le changer.

On peut tout de même pas me liquider

A droite ; je suis l’ennemi,
le profiteur, la sangsue, le nuisible,
je suis l’immigré de la société,
mieux traité que ceux de nationalités
Vaut mieux taper sur les étrangers
avant de s’essuyer les pompes sur les handicapés.

Je veux bien qu’on me montre du doigt
Mais venez pas m’accuser de piquer le boulot des français !

Alors on me file 300 par mois pour subsister. 
J’accepte l’aumône et je me plains pas,
C’est pas si facile de vivre comme un rat,
mais c’est le prix à payer quand on est assisté

On peut tout de même pas me liquider

D’aucun pourrait me croire rentier,
mais faut quand même toucher en comptabilité
Les banquiers ont vite fait de te dégager
quand t’es qu’une merde d’assisté

Je vis de rien
Je n’ai rien
Et ça me plait bien
Je suis un assisté

 

16/02/2012

les frères ennemis

Tiens Teddy est revenu ! Comme dirait ce bon André Gaillard.

C'est vrai qu'on le revoit de plus en plus souvent.

C'est Paul qui lui a fait remarquer. Paul c'est mon pote qui chante toujours la chanson de la pub du couscous saupiquet quand il est bourré.

- On te voyait plus et voilà qu'on te croise à tout bout de champ (Paul adore les expressions agricoles).

Cette pertinente déduction en amenait une autre, plus triste, au sujet de notre présence persistante au lieu-dit le "Bar, chez Dédé".

C'est vrai que l'on passe notre temps au bar, mais Teddy est revenu et son retour, revenu de nulle part, mérite des explications. Les Aliens, le FBI, le KGB, la pègre ukrainienne, moldave, serbo sylvanien, le trou noir, l'exil, la soirée GHB mal finie, la prison, le esbola ?

Ou pire que tout ça, du travail ?

- Non, encore pire du travail et une famille a hurlé Paul en faisant une grimace d'horreur.

J'ai fait la moue, c'est quand même pas pire que les aliens tout de même (je ne dis pas pour le reste, je connais pas).

Teddy a acquiescé sur le travail et la famille. 2 mômes et 10 ans de vie de couple, ça vous range un homme. ca le plie pas aussi bien que chez Gap, mais si c'est un gars bien, ce qu'est Teddy, on le voit moins au bar.

Mais alors ? Teddy ? Pourquoi t'es là ?

Holala quel suspens les copains que je me dis, comme Hercule quand Pif s'apprête à faire une drôle de bonne blague.

- Je me suis engueulé avec ma gonzesse et on ne se parle plus.

Depuis combien de temps ? demande Paul, façon Sherlock Holmes qui tient un demi.

Bin, depuis que tu me revoies au bar, banane ! lui répond Teddy, façon Bernard Tapie dans commissaire Valence qui tiendrait aussi un Demi. (c'est la force du dialogue qui m'a rappellé Commissaire Valence)

On est triste pour notre ami, on veut le consoler, mais il se défend le bougre. Il chante sa joie. Ne plus entendre sa gonzesse serait hyper reposant selon ses propres dire. Ça laisse perplexe

Alors Madame Dédé est venu mettre son grain de sel, en bonne cantinière qu'elle est.

- C'est parce que vous êtes née sur Pluton et votre femme sur Uranus, c'est un docteur qui a dit ça à la télé. C'est pour ça que vous vous entendez pas, vous ne venez pas de la même planète.

Alors ce serait finalement vraiment un coup des aliens ? Mais Momo est venu éclairer notre lanterne parce que j'ai bien vu que Paul avait lui aussi décroché et qu'il commençait à mater ostensiblement les résultats dans la 8eme (terrain lourd sans handicap).

Momo c'est le Mr culture du Bar chez Dédé, toute la journée accoudé au bout à gauche, près du jeu de foot, un bouquin et un demi devant lui, quand il en a fini un, il en prend un autre. Momo il a de la culture à revendre, d'ailleurs il a que ça.

- Madame Dédé, vous voulez certainement parlé de la théorie, les hommes viennent de mars et les femmes viennent de Vénus.

Voilà exactement ce dont voulait parler Madame Dédé qui ayant enfin retrouvé les 2 planètes mères de notre sexe allait pouvoir tout nous expliquer.

Mais le docteur Teddy fit taire tout le monde.

Sa longue absence dans le milieu du haut débat sociologique lui conférait la déférence de ses pairs et le respect de ses longues années d'étude.

- Je vais vous l'expliquer ma théorie, c'est très simple.

Madame Dédé était bouche bée, Paul avait abandonné la 8eme (Springtime le 3, placé !) et mon demi n'atteindrait plus ma bouche sans que Teddy ne m’inonde de son savoir.

- Ho grand Teddy donne nous le secret découvert pendant tes années de recherche.

- Voilà :

 les hommes viennent de se poser le cul
et les femmes viennent leur casser les noix

Madame Dédé a fait demi-tour, l'air un peu déçu mais je l'ai rattrapé par le bras,

- Partez pas sans nous remettre un verre, ce n’est pas tous les jours que l'on voit la science qui avance.

19:51 Publié dans Prololand | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul, chez dédé

22/11/2011

Stricte tract a Prololand


Paul (mon pote qui chante toujours « couscous Saupiquet quand il est bourré ) est toujours très au fait de l’actualité. Il faut dire qu’il n’a que ça à foutre.  Il m’emmène chez Titi, il a les yeux qui brillent, le sourire aux lèvres, le survêt'  porté haut.

T’as baisé ? Tu vas baiser ? T ‘as gagné au Banco ? T ‘as un shit pas coupé ?!

Rien de tout cela, il a vu les lendemains qui chantent, le temps des cerises, les congés payés, le front populaire, mémé sur un vélo, la plage de Cabourg, et tout le tintouin.

Alors il s’investit, il veut porter la bonne parole et je suis invité à sa première réunion politique.

Chez Titi, c’est  Prololand et un mardi après midi, je ne vois que des RSA, des chômeurs, des Cotorep et des ouvriers 3/8 pour assister à une réunion politique.  Surtout s’il y a des coups à boire et des joints qui tournent.

Je ne me suis pas trompé, c’est tout petit, chez Titi, mais ça grouille. Tout le monde est là, survêt’ et claquette allemande de rigueur, on se croirait dans "les yeux dans les bleus". Faut voir la gueule des bleus, Théo, le célèbre poète du vin blanc, Billy Cotorep, qui porte bien son nom. Universellement connu pour avoir ramassé une belle somme au Rapido, il n’a jamais avoué la somme mais n’a ni bossé ni dessaoulé depuis ce jour. Une dizaine d’autres personnes en tout genre se pressent autour de la tireuse à bière Lidl. Ils sont trop forts ces allemands.

Des saluts des bonjours, un verre de blanc, un peu de recul. D’ici je vois bien que si le gros clébard à Titi voulais bien arrêter d’aller voir tout le monde en remuant l’énorme matraque moldave qui lui sert de queue, on gagnerait 60% de boxon en moins : C’est donc ça la politique, des gudules qui viennent boire un coup et un chien fou qui veut se faire caresser.

Enfin ça commence.

- Vous voulez sortir du nucléaire et revenir a l’âge de Pierre ?

On se regarde tous. Qu’est ce qu’on a à perdre ? Rien. L’âge de pierre, le siècle des lumières, la renaissance ou ces putains de 30 glorieuses, on fini toujours dans le fond de la cours, prés des poubelles. "Au moins, on pourra mettre un coup de massue dans la gueule des condés quand on voudra ! "  Balance Théo. Alors finalement, on veut bien revenir à l’âge de Pierre.

"Ouais !", on a crié tous en cœur

- Est-ce que vous voulez partir à la retraite à 60 ans ?

Vue le nombre de mec qui bossent, dans la salle, on ne se sent pas trop concerné. On hésite, mais c’est vrai que si par malheur on devait travailler, on aimerait arrêter le plus tôt possible.

Alors on a tous crié "Ouais !",

Est-ce que vous voulez arrêter le défilé du 14 Juillet, et refiler, le pognon économisé, aux pompiers, pour faire une grosse teuf open bar. Ce qui est une proposition que je souhaite faire remonter vers les hautes instances

Plus rien ne l’arrête père Paul et sa proposition est drôlement alléchante. Tout le monde se tape royalement (un comble !)  que des majorettes en treillis défilent pour fêter la république. On compte tous sur lui pour faire un gros lobbying et pour l’encourager on monte en voix et on pousse tous un gros "Ouais !",

- Est ce que vous êtes pour le vote des étrangers ?

Quel gros démago ce Paul, chez Titi, même le chien a le droit de vote

On a continué sur notre lancé et on a tous beuglé "Ouais !",

- Est ce que vous êtes prêt a ruiner la France pour faire une politique d’assistanat qui n’encourage pas le travail ?

Alors là, ça commençait à devenir chaud. Ca plaisait drôlement a tout le monde ce programme, cette d’histoire d’assistance plutôt que d’aller bosser. On se fout pas mal de la ruine, on n’a rien. Ils pourront toujours venir chercher la tireuse à bière. Mais si c’est la ruine, la vraie, alors l’Allemagne rachète la France et la bière est obligatoire !

On a tous crié "Ouais !"  et on s’est levé. Malgré le blanc, malgré les joints, on était tous debout,

Paul a saisi que l’ambiance montait. En grand pro, il a maitrisé.

- Ne me dite pas que vous croyez aux droits et aux devoirs ?

Ah ah ! On s’est tous fendu comme des baleines, quel humour, quel répartie.

- Laxisme, décroissance, assistanat, renoncer à la grandeur de la France, voila les grands mots de notre programme !

C’était exactement ce qu’on voulait entendre. Fini leurs conneries, compétition, consommation, mondialisation. On veut du beau, du bon et on l’acclame, "Ouais !"  qu’on a tous braillé !

Mais il avait gardé le meilleur pour la fin. Quel finaud ce Paul.

- Est ce que vous êtes pour la dépénalisation du shit ?

Le silence, l’étonnement et puis un hourra, un débordement, un tsunami de clameur, une hystérie collective, un déchainement de bonheur, qui emporte tout. Paul est porté en triomphe, son programme nous enthousiasme totalement. C’est haut la main que nous l’élisons, nous voulons et c’est lui que nous voulons.

22_11_2011.jpgMais Paul, qui a du métier, pondère notre enthousiasme.

- Le chemin de la route est encore long avant que le jour du matin se lève.

C’est dorénavant, aussi votre bataille, alors avec moi, rejoignez Jean François Copé et son programme de la gauche fait par la droite.

Ne jamais décevoir des désespérés, fut sa première leçon en politique.

Afin de parfaire ses connaissances en communication politique on l’a ligoté devant un best of de Jean Michel Apathie (une sorte de pire du pire).

Au milieu du bordel, le blanc qui coule, la tireuse qui vrombit comme une BM, les haleines chargées au sky, la queue du clebs qui en finit plus de brasser, Theo qui brame pour oublier ce qu’il vient de vivre. Un hurlement.

C’est Paul, c’est pour son bien.

 
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