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05/04/2012

Abus de Cabu

Hiver 2011, dans une gare, alors que j’allais prendre mon billet. Je tombe nez à nez avec Cabu.  Mon idole juste devant moi. Pour les incultes qui ne le connaitraient pas, Cabu est un super grand dessinateur de presse, il est aussi le créateur du grand Duduche et  du célèbre beauf…  Il sévit  chaque semaine dans le canard enchainé et Charlie hebdo et  semble obstinément refuser le moindre déclin pour n’être que meilleurs en meilleurs.

Il parait qu’il convient de garder un peu de décence lorsque l’on croise une de ses idoles, si l’on ne veut pas qu’il vous site comme le cas typique du boulet royale à chacune de ses interview

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Mon premier geste  fut de brailler « Waouh Cabu ! », ce qui peut sembler un peu, heu, typique du con que l’on n’a pas envie de croiser.



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Heureusement j’ai immédiatement rétablie la situation et me suis retrouvé à genoux, en costard sur le sol immonde de la gare Montparnasse



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Puis je lui ai dit des tas de trucs passionnant en m’assurant de ne pas le laisser en placer une. Je lui ai parlé du jour où je lui avais montré des dessins  il y a 20 ans et du jour où je l’ai croisé sans oser le déranger parce qu’il dessinait 10 ans plus tard. C’était vraiment passionnant…

 

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Quand enfin je lui ai laissé en placer une, cet homme au talent immense, à la gentillesse personnifiée,  m’a simplement demandé si je continuais le dessin. Cabu me demande à moi si je continue le dessin !!!!

 


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Là j’ai commencé a vraiment fumer du bulbe, j’ai pensé aux 3 crobars pourris que j’ai dans la sacoche d’ordi, ai-je vraiment le droit de lui faire subir ça ? Non, c’est Cabu tout de même !  Alors je bégaie, « binh bof «  (ce qui résume bien la réponse), je n’ose plus le regarder. Je papillonne, je suffoque. Une vraie teenager !

 

 

 

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Je sens bien qu’il va falloir se quitter. Je l’aurai bien embrassé mais un dernier moment de raison me sauve. Alors je lui serre la main comme si c’était le pape. A Cabu ! Je lui serre la main comme si c’était le pape ! Faut-il que je sois con !

 

 

 

 

 

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Heureusement j’ai  le souvenir de ne pas avoir été
trop lourd à la fin.







La preuve, la bd que j’ai fait dans le train juste après finissait comme ça !

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28/03/2012

La France est une grande démocratie qui ne cédera à aucune menace

Mes chers amis,

La semaine que nous venons de vivre a été particulièrement éprouvante.Houlala…

Un assassin a voulu, selon ses propres mots, « mettre la France à genoux » en enlevant la vie de trois enfants, de quatre militaires et d’un enseignant.

Comme vous le savez probablement, j’ai immédiatement interrompu mon inefficace recherche d’emploi pour assumer pleinement mon devoir de regarder les chaines d’info 24h sur 24. Je me suis rendu le jour même chez l’épicier pour acheter de quoi tenir le coup et pour donner à mes potes et autres branleurs du coin les instructions les plus fermes pour jouer gagnant Boulimick dans la 2ème et Méphisto placé dans la 5ème. J’ai réuni, ensemble, pour rien foutre en matant la télé, des athées, des juifs, des musulmans, des cathos, des bouddhistes des protestants, des orthodoxes, des Krishna, des Moons, des Jehovas, des mormons, des scientologues et encore tout un tas de tarés du quartier.
Une minute de silence a été organisée dans le salon à la mémoire de ces enfants martyrisés et j’ai pris des mesures drastiques pour lutter contre les propagateurs de haine et de violence, des mesures que j’ai immédiatement appliqué en obligeant les invités à boire un coup en oubliant toute ces conneries de dogme de mes deux …
Heu, c’est peu de dire qu’ils ne m’ont pas fait confiance.
Mercredi, je n’étais pas à Montauban pour rendre un hommage solennel à nos trois soldats français abattus parce qu’ils étaient l’armée française, parce qu’ils incarnaient la République. J’étais à la maison avec 3 athées bien raides qui n’ont jamais semé la haine et la terreur dans notre pays, mais qui étaient pourtant hors d’état de nuire.

Face à cette tragédie nationale, Toue la bande rassemblée a donné une magnifique image de dignité.

Aujourd’hui, si nous ne pouvons et ne devons rien oublier, la recherche de boulot a repris ses droits.
Je me suis rendu jeudi, au bar « chez Dédé », pour parler des valeurs morales qui sont le « fond’ ment de not’ Nasssion et de not’ Répubique » selon Madame Dédé. Vendredi, j’étais avec Bitos à Mouillard sur Veuze, dans son studio métamorphosée par la rénovation hydroponique urbaine, pour annoncer un nouveau plan pour désenclaver son couloir et transformer la vie de son habitant.
Hier encore, à Fisme, j’ai défendu mon projet d’une France forte dans une Europe forte, de la production et de l’emploi. Mais j’étais bourré.

Mes chers amis, il vous reste un mois pour bâtir la plus formidable aventure depuis « Toto contre les fourmis », un mois pour bousculer toutes les certitudes, comme par exemple femme à lunette, femme à quéquette. Aidez-moi à construire la France forte, une France douce mais aussi avec du piquant, à faire triompher nos idées, nos valeurs, notre idéal et tous les autres mots qui pourraient un peu signifier des trucs dans ce genre. J’ai besoin de vous.

Avec toute mon amitié,

La France se construit avec vous.
La France forte, c'est vous
La France qu’a des gros biscottos, c’est vous
Et tous les autres, c’est des gros mous


G Firmin.

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15/03/2012

Rien foutre, mais le faire bien

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Rien foutre, mais le faire bien

Lundi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.paul_txt.jpg

Le temps d’un petit déjeuner minable, biscotte de merde, Taboulé low cost  et café bas de gamme et voila enfin le moment de mon émission préférée. Les chiffres et les lettres. Mon aversion pour Bertrand Renard n’enlève rien au plaisir de concourir pour la victoire car comme vous ne le savez pas, ce jeu télévisé est le seul ou le spectateur est dans les mêmes conditions que les concurrents. J’écrase mes deux adversaires d’un 8 lettres qui laisserait Laurent Romiejko sans voix. « Cyprines ». J’ai une légère érection en imaginant Arielle Boulin-Prat nous lire la définition et je rate totalement le bon compte, tant mon cerveau s’est soudainement  vidé de son sang. Après ce grand moment de sport, en temps normal, je m’appliquerai à ne rien foutre constructivement. Mais afin de proposer ma vision ignorante de l’activité politique – comme on me l’a demandé-  je m’oblige à faire la tournée des news sur internet.

Je me régale des commentaires sur les élections. Tous ces gens qui n’ont rien d’autre à foutre toute la journée, que de se chamailler, comme moi de les lire. J’adore tout particulièrement le site du figaro. Les échanges y sont féroces. Les messages des gens de droite bavent d’une haine viscérale de la gauche qui fait chaud au cœur.

Mardi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Encore un petit déjeuner pourri. Pour des raisons intimes, j’évite le taboulé matinal et vous invite à en faire de même. Surtout si, contrairement à moi, vous avez des exigences sociales qui ne pourraient souffrir un dérèglement gastrique. Personnellement, la saloperie d’assisté que je suis, peut largement supporter quelques reflux malodorant, tant mon appart est déjà un taudis immonde. Je croise un candidat, en cherchant un film érotique sur la TNT. Ce pauvre garçon déblatère sur les frontières qu’il faut fermer, les prisons qu’il faut ouvrir, les acquis sociaux qu’il faut enterrer pour que les bénéfices puissent s’envoler. Je repère une bonne bourge dans le public, commence à me masturber et vais me finir sur le catch de W9

Mercredi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Petit déjeuner pourri. Je fais du Pen spinning assis dans la cuisine, en regardant dans le vide pendant au moins deux heures. J’ai encore rêvé du Bic bille à boule, un modèle qui n’existe plus. Je suis morose pour la journée.

Le mercredi, c’est le jour des enfants, après mon émission préférée (les chiffres et les lettres) je me traine jusqu’au lieu-dit « le bar, chez Dédé ». J’y retrouve tous les pères du quartier qui viennent de déposer leur môme au judo, au basket, au football, à la dance, au violon, l’accordéon, le catéchisme ou tout autre activité passionnante qu’ils ont trouvé pour se débarrasser d’eux et pouvoir passer une ou deux bonne heures au bar. Je me fais rincer toute la journée, la comtesse, qui n’a pas dessaoulé depuis la journée de la femme, nous entonne « le temps des cerises » avant de s’écrouler en pleurant et mon pote G Firmin ma assuré que j’avais fini par une version métal de « Couscous Saupiquet » avant de me faire virer. Heureusement à cette heure-ci les pères avaient récupéré leurs enfants depuis longtemps.

Jeudi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Petit dej’, café, gueule de bois. Je retourne faire un tour sur les commentaires des sites d’info. La bataille fait rage, les nombres de message explosent, je suis gavé au bout de 5 minutes.

D’un côté, il y ceux qui peuvent plus voir le tenant en peinture. Apparemment, ils sont prêts à élire le gars d’en face !  « Ça pourra pas être pire »  semble être leur cri de ralliement. Ils veulent qu’il dégage. Ce qui semble être, vu le peu que je connaisse des faits, une demande assez réaliste.

En face il y a ce que l’on pourrait appeler les illuminés du président. Ils voient en lui un surhomme, sauveur de l’humanité et seul rempart à l’anarchie gauchiste qui a déjà, et va, vautrer la France dans le fumier de l’assistanat, du fonctionnariat et de la bougnoulie (ce n’est pas moi, c’est eux qui le disent !). Ils semblent être au courant qu’ils sont au pouvoir mais c’est tout de même à cause de cette saloperie de gauche et tous ces enfoirés d’assistés et d’immigrés si c’est le bordel actuellement.

Autour, il y a 2 ou 3 mecs qui braillent « moi, je vote Marine », 1 mec qui dit du bien d’un certain François Hollande et exceptionnellement  un mec modéré de droite, du modem ou d’un autre de ces clubs de faux cul.

Je crois que j’ai tout compris, je m’offre un Picon bière devant mon émission favorite, « les chiffres et les lettres ». Cette Arielle Boulin-Prat a le don de m’énerver, quand elle lit les définitions du dictionnaire. C’est facile de savoir quand on a le manuel !

Vendredi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.

Petit dej' café. Il faut que je fasse des courses. Pour ne pas céder à la tentation d’être encore plus sale, je lave mon linge. J’abandonne avec tristesse et pour quelques jours un pantalon jogging qui a connu un long hiver. L’appartement  est idéalement mal isolé, pour donner au linge une délicieuse senteur moisie pendant la longue séance de séchage.

Au Simply du coin, je choisie la plus jolie caissière, afin d’égayer mon effroyable misère sexuel. Mais nous sommes 12 à avoir eu la même idée, reconnaissables au nombre de 8.6 bon marché dans le caddie. Je me rabats sur une moins pire que les autres. J’attends. Je me demande pour qui peut-elle bien voter ? Enfin mon tour. Je lui demande. C’est l’équipe de Jennifer qu’elle préfère ???

Samedi

Comme tous les matins, je me lève dans l’après-midi.
Petit Dej' avec enfin quelque chose à becqueter !
J’en ai enfin fini avec cette ânerie de la semaine de… Quand je pense aux tonnes d’articles et de commentaires à la con que j’ai dû m’ingurgiter. Heureusement que mon intelligence supérieur m’a permis de tout comprendre rapidement. Cela m’a laissé du temps pour des activités plus productives.

Ainsi, cette nuit,  j’ai démarré la réalisation de l’album Panini des plus belles gueules de droite, de finis à la pisse. Je le proposerai à la maison mère. Ca va cartonner, les mômes adorent les trucs bizarres.

Je vie de rien
Je n’ai rien
Je suis un assisté

Droite ou gauche ne pourront pas me faire travailler
J’ai des papiers du docteur pour le prouver.
Dans ma tête, Y'a un plomb qui a sauté
et on ne peut pas le changer.

On peut tout de même pas me liquider

A droite ; je suis l’ennemi,
le profiteur, la sangsue, le nuisible,
je suis l’immigré de la société,
mieux traité que ceux de nationalités
Vaut mieux taper sur les étrangers
avant de s’essuyer les pompes sur les handicapés.

Je veux bien qu’on me montre du doigt
Mais venez pas m’accuser de piquer le boulot des français !

Alors on me file 300 par mois pour subsister. 
J’accepte l’aumône et je me plains pas,
C’est pas si facile de vivre comme un rat,
mais c’est le prix à payer quand on est assisté

On peut tout de même pas me liquider

D’aucun pourrait me croire rentier,
mais faut quand même toucher en comptabilité
Les banquiers ont vite fait de te dégager
quand t’es qu’une merde d’assisté

Je vis de rien
Je n’ai rien
Et ça me plait bien
Je suis un assisté

 

22/11/2011

Stricte tract a Prololand


Paul (mon pote qui chante toujours « couscous Saupiquet quand il est bourré ) est toujours très au fait de l’actualité. Il faut dire qu’il n’a que ça à foutre.  Il m’emmène chez Titi, il a les yeux qui brillent, le sourire aux lèvres, le survêt'  porté haut.

T’as baisé ? Tu vas baiser ? T ‘as gagné au Banco ? T ‘as un shit pas coupé ?!

Rien de tout cela, il a vu les lendemains qui chantent, le temps des cerises, les congés payés, le front populaire, mémé sur un vélo, la plage de Cabourg, et tout le tintouin.

Alors il s’investit, il veut porter la bonne parole et je suis invité à sa première réunion politique.

Chez Titi, c’est  Prololand et un mardi après midi, je ne vois que des RSA, des chômeurs, des Cotorep et des ouvriers 3/8 pour assister à une réunion politique.  Surtout s’il y a des coups à boire et des joints qui tournent.

Je ne me suis pas trompé, c’est tout petit, chez Titi, mais ça grouille. Tout le monde est là, survêt’ et claquette allemande de rigueur, on se croirait dans "les yeux dans les bleus". Faut voir la gueule des bleus, Théo, le célèbre poète du vin blanc, Billy Cotorep, qui porte bien son nom. Universellement connu pour avoir ramassé une belle somme au Rapido, il n’a jamais avoué la somme mais n’a ni bossé ni dessaoulé depuis ce jour. Une dizaine d’autres personnes en tout genre se pressent autour de la tireuse à bière Lidl. Ils sont trop forts ces allemands.

Des saluts des bonjours, un verre de blanc, un peu de recul. D’ici je vois bien que si le gros clébard à Titi voulais bien arrêter d’aller voir tout le monde en remuant l’énorme matraque moldave qui lui sert de queue, on gagnerait 60% de boxon en moins : C’est donc ça la politique, des gudules qui viennent boire un coup et un chien fou qui veut se faire caresser.

Enfin ça commence.

- Vous voulez sortir du nucléaire et revenir a l’âge de Pierre ?

On se regarde tous. Qu’est ce qu’on a à perdre ? Rien. L’âge de pierre, le siècle des lumières, la renaissance ou ces putains de 30 glorieuses, on fini toujours dans le fond de la cours, prés des poubelles. "Au moins, on pourra mettre un coup de massue dans la gueule des condés quand on voudra ! "  Balance Théo. Alors finalement, on veut bien revenir à l’âge de Pierre.

"Ouais !", on a crié tous en cœur

- Est-ce que vous voulez partir à la retraite à 60 ans ?

Vue le nombre de mec qui bossent, dans la salle, on ne se sent pas trop concerné. On hésite, mais c’est vrai que si par malheur on devait travailler, on aimerait arrêter le plus tôt possible.

Alors on a tous crié "Ouais !",

Est-ce que vous voulez arrêter le défilé du 14 Juillet, et refiler, le pognon économisé, aux pompiers, pour faire une grosse teuf open bar. Ce qui est une proposition que je souhaite faire remonter vers les hautes instances

Plus rien ne l’arrête père Paul et sa proposition est drôlement alléchante. Tout le monde se tape royalement (un comble !)  que des majorettes en treillis défilent pour fêter la république. On compte tous sur lui pour faire un gros lobbying et pour l’encourager on monte en voix et on pousse tous un gros "Ouais !",

- Est ce que vous êtes pour le vote des étrangers ?

Quel gros démago ce Paul, chez Titi, même le chien a le droit de vote

On a continué sur notre lancé et on a tous beuglé "Ouais !",

- Est ce que vous êtes prêt a ruiner la France pour faire une politique d’assistanat qui n’encourage pas le travail ?

Alors là, ça commençait à devenir chaud. Ca plaisait drôlement a tout le monde ce programme, cette d’histoire d’assistance plutôt que d’aller bosser. On se fout pas mal de la ruine, on n’a rien. Ils pourront toujours venir chercher la tireuse à bière. Mais si c’est la ruine, la vraie, alors l’Allemagne rachète la France et la bière est obligatoire !

On a tous crié "Ouais !"  et on s’est levé. Malgré le blanc, malgré les joints, on était tous debout,

Paul a saisi que l’ambiance montait. En grand pro, il a maitrisé.

- Ne me dite pas que vous croyez aux droits et aux devoirs ?

Ah ah ! On s’est tous fendu comme des baleines, quel humour, quel répartie.

- Laxisme, décroissance, assistanat, renoncer à la grandeur de la France, voila les grands mots de notre programme !

C’était exactement ce qu’on voulait entendre. Fini leurs conneries, compétition, consommation, mondialisation. On veut du beau, du bon et on l’acclame, "Ouais !"  qu’on a tous braillé !

Mais il avait gardé le meilleur pour la fin. Quel finaud ce Paul.

- Est ce que vous êtes pour la dépénalisation du shit ?

Le silence, l’étonnement et puis un hourra, un débordement, un tsunami de clameur, une hystérie collective, un déchainement de bonheur, qui emporte tout. Paul est porté en triomphe, son programme nous enthousiasme totalement. C’est haut la main que nous l’élisons, nous voulons et c’est lui que nous voulons.

22_11_2011.jpgMais Paul, qui a du métier, pondère notre enthousiasme.

- Le chemin de la route est encore long avant que le jour du matin se lève.

C’est dorénavant, aussi votre bataille, alors avec moi, rejoignez Jean François Copé et son programme de la gauche fait par la droite.

Ne jamais décevoir des désespérés, fut sa première leçon en politique.

Afin de parfaire ses connaissances en communication politique on l’a ligoté devant un best of de Jean Michel Apathie (une sorte de pire du pire).

Au milieu du bordel, le blanc qui coule, la tireuse qui vrombit comme une BM, les haleines chargées au sky, la queue du clebs qui en finit plus de brasser, Theo qui brame pour oublier ce qu’il vient de vivre. Un hurlement.

C’est Paul, c’est pour son bien.

03/05/2011

Médecine douce

Henry, Jean-Paul, Oussama, quelles journées exaltantes pour les jeunes filles romantiques, catholiques, intégristes ou même pro-américaines.

Alors que pour nous, pauvres males athées que nous sommes, à part des demi-finals pourries de ligue des champions et l'érotisme brulant de Bernadette qui rejoint Nicolas. Autant dire que nous n'avons rien à nous mettre sous la main. Si vous me permettez cette expression un peu imagée et fausse comme la suite de ce texte vous l'expliquera.

En effet, la semaine dernière, une découverte a été dévoilée qui devrait bouleverser le quotidien des males du monde entier.

Un chercheur a découvert que 21 éjaculations par mois, minimum, réduisent le risque de cancer de la prostate d’un tiers.

Pour beaucoup d'entre nous, 21 éjaculations par mois, c'est l'idée que l'on se fait du paradis. Il y a bien le coup des 10 000 vierges, mais à part quelques allumés priapiques, personne n'est dupe. 21 éjaculations par mois c'est déjà drôlement chouette !

J'attends avec impatience la démonstration en public que va nous organiser Roselyne Bachelot pour promouvoir ce traitement préventif de la plus grande utilité (33% tout de même !).

Une petite pensée, à Henry, jeune marié qui s'apprête à connaître des années de bonheur si Kate est du genre, plutôt prévenir que guérir. A Jean Paul et Oussama, tout deux, partis trop tôt pour connaitre cette divine médecine mais dont je doute qu'ils eussent vraiment saisi l'ampleur de la nouvelle. Et enfin une petite pensée à toute les infirmières et infirmiers (ne soyons pas sectaire, il s'agit de santé public) qui vont pratiquer ce traitement aux personnes à risque (homme + 50 ans), avant de se faire arréter et renvoyer dans leur pays.

Un ami, que je ne tiens pas pour un grand scientifique (vu le nombre de fois ou je l'ai vu chanter "couscous saupiquet" sous l'emprise de l'alcool), m'a certifié que le massage de la prostate par voie interne était aussi très efficace mais que bizarrement personne n'en parlait.

Finalement j'ai lu sur Doctileak que la consommation d'un verre de vin rouge quotidien réduit de 13% les risques de cancer du poumon. Aucun bénéfice, en revanche, n'est associé à la consommation de rosé, de blanc, de bière ou de spiritueux

J'ai beau manger 5 fruits et légumes par jour. Après une sodomie, une éjaculation et une pinte de vin rouge, j'ai toujours un petit coup de fatigue, en fin de matinée.

"c'etait l'heure de mon traitement
anti cancer de la prostate !!!"
D Strauss kahn - deposition 2131656461 NYPD

24/03/2011

like a jogging stone

17h00, rien à faire, à peine un demi et 2 flans au riz à midi. C’est le moment idéal pour aller faire un footing, se faire une bonne suée et recracher tout le bon Chinon des jours précédents. Un  tee-shirt "Aberdeen Angus beef is best", un short large à 5 euros et des baskets à 180 (le chinon, ça pèse, faut protéger les articulations). Le mp3 sur les oreilles, je me mets à genoux et chante les louanges de l’inventeur de cet engin qui m’a fait découvrir le sport sous un nouvel angle, un nouvel ange.
J’envoie toujours « let them all talk » de Costello pour démarrer. Ça grouille de bagnoles, merde, 17h00, off course. J’arrache quand même grâce à Elvis, ça crie, ça grouille, y a de la trompette, ça me tiens jusqu'à la voie ferrée. Déjà mort, ou plutôt encore mort. Je ralentis sur l’intro live d’Under my thumb. La pollution et toute ces bagnoles m’ont cramé mais je revoie Mick courant de gauche à droite en collant de  foot américain et je m’accroche, take it easy baby, it’s alright.

 La voie ferrée est plus sympa que la traversée des boulevards et le Mick a fait son effet, pile poil le « stand by me » de Clash pour la descente vers le pont « Victor Hugo » ou « Afric Simone »,  je ne me souviens jamais lequel des deux  mais il signifie le début de la verdure et de l’eau, un beau voyage…Aretha Franklin chante « le little prayer.. ». Au moment ou j’atteins la rive et j’ai la première suée. Le chinon et le demi de midi s’en sont allés et c’est comme si Aretha ne chantait que pour moi, my darling believe me. Le chemin est empli de feuilles mortes et ça tombe encore de partout, à  droite, la rivière réverbère les couleurs du ciel et renvoie rose orange et bleu plus fort qu’une photo de Géo, le décor assure un max …
Cours petit homme, cours…
Le rythme est là, tranquillement à la demi heure, il s’immisce et ce que l’on pensait impossible, il y a encore 10 minutes, le devient. Un petit « what the world needs now, », un rigolo « beyond the sea » et encore Costello sur du Baccarach et me voila déjà au club des rameurs. Sur les wowwowo de la fin, je mate les fesses d’une rameuse qui porte son « canoë ? ».
Oups, j’ai failli me casser la gueule sur une racine, qu’elle connerie, j’aurais raté l’allée des pins sur « Changing of the Guards » de Dylan, une putain de ligne droite sur cette invraisemblable chanson, je ne pouvais trouver mieux. Je la mange comme Alice Cooper, les pitits zoziaux.
Je tiens une telle forme que je me permets même d’accélérer pendant « rebel rebel ». Les foulées  s’enchainent j’arrive au chemin « Charles Ingalls » pleine bourre, c’est un long ponton de bois, installé sur la rivière, qui donne vraiment de la gueule à cette ballade. Sur le ponton, plus question de ralentir, l’ordre national des joggers défoncé l’interdit formellement. Ne parlons pas d’un quelconque arrêt. Sur le ponton il faut s’arracher et "Police and thieves" m’y aide et puis … Au loin, en face …Au milieu des cygnes qui s’envolent…Arrive Emma Peel qui fait son jogging, je sourie en reprenant mon souffle, j’espère que ce n’est pas Alex Taylor déguisé. Emma porte un de ces survêtements noirs à bande rouge qu’elle affectionne mais ce n’est pas Emma. C’est une jolie brunette qui porte les tenus d’Emma comme Jacques Attali, la tronche du ténia …

Je suis au bout du ponton, j’ai le droit de ralentir, j’en profite, cette version de « Dead flowers » par Townes Van Zandt m’ouvre les yeux sur les tours qui bordent dorénavant mon terrain de jeu, fini les arbres, j’entre en ville and i won’t forget to put roses on your grave…

Le pont de la tournante est passé au ralenti pour en garder sous la jambe. Quand Curtis Mayfield démarre, j’ai comme une décharge dans le bas de la hanche et je double coup sur coup; une femme de footballeur en survêt blanc et valentin des brigades du tigre qui revient de son entrainement de boxe française. Il aurait pu changer de pantalon, le con. Move on up !

J’arrive au pont de la mouillette tellement fort que je manque, de peu, me foutre la gueule dans l’eau. Je me soupçonne d’aller trop vite. Quand la route 66 du bon docteur feelgood me rappelle que je ne suis pas un bouffeur de yaourt, je renvoie une purée digne de Vico (le roi de la purée, pas l’autre.. ., heu,  Quoique, ok, désolé.
Me voila qui sprint comme Mannix dans le générique, sur le port des navettes à touriste. Heureusement l’amicale des chiffres et des lettres de Lougniart passait par là et ralenti le véhicule fou que j’étais devenu. Je balance un jet de bave pour remercier la foule de s’écarter et la douce Ella me suggère fort intelligemment de lever le pied. Je me vide une narine au vent et décide de faire le grand tour ! La grande boucle ! Jusqu’au pont du fisme et retour par l’allée de la balloché, mais pourquoi j’ai foutu crocodile rock sur ma compil ? Lalalala.

C’est parti pour la grande boucle, Elvis est avec moi, le Presley, pas l’autre. Tous les deux on y va mollo mollo, pas un pas de trop, on récupère, on se refait une santé, Suspicious mind,…Le pont du fisme est là, l’arrêt de tram avec tous les mômes qui sortent des lycées. Poussez vous ! Ou je vous asperge de sudation au chinon ! Ca s’écarte dur ! C’est plus Zatopek, c’est moïse, je lève les bras au ciel pour remercier le créateur au moment ou Eva Cassidy balance sa beuglante sur « cheek to cheek », I m in heaven…Pour la peine je passe par l’ile du pervers, ça rallonge mais c’est ça qui est bon…

Je traverse l’ile sur un nuage , les genoux au dessus des yeux, Frankie me chante "Fly me to the Moon" et je commence vraiment a décoller , in another word, je m’envoie des grandes doses de testotesoroesïde (que sais je ?) et  ça me fait comme du « vraiment bon ». A courir comme un dératé, me voila déjà dans l’allée de la baloché. Des bancs, des beaux immeubles, des vieux pêcheurs  et ça ? un oiseau ? un avion ? une fusée ? Non G-firmin ! qui envoie comme sa race !

Rien ne m’arrête, pas même l’orage de Brassens, je remonte le pont de la tournante à contre sens alors que la nuit tombe, 2 voitures me ratent, je rie et continue de courir, ha haha, ce truc brésilien de doit pas y être pour rien, je me marre et j’accélère encore …Ha haha !

 L’expression « être sur le retour » prend toute sa signification lorsque j’atteins de nouveau le ponton au son du vieux Cash et de sa version démente de "Personnal Jesus". Je suis dans le dur et toujours pas le droit de ralentir, c’est la loi sur le ponton ! reach out and touch faith.

 Il fait de plus en plus sombre et c’est maintenant la peur du psycho tueur de jogger qui me pousse et peut être aussi un peu ce truc lumineux de Jorge ben, fait pour les sous bois sombre…

Tiens joss Stone ? Ouaip , pas mal, ça permet de ralentir un peu… Je ne vois plus, ni pont, ni eau, ni même chemin. Dans le noir, la bave au lèvre, courant sur un matelas de feuilles humide et trébuchante, j’enchaine les trucs bizarres et me retrouve à soulever les genoux au rythme d’une version idiote et pétillante d’assereje ! Si si ! Ce truc invraisemblable me donne toujours envie de pleurer. Je serre les dents, essuie mes larmes et prends la corde au virage en épingle avant le club de rameur maintenant vide. Léon Redbone et Ringo star me remontent le moral et m’annoncent des heurts meilleures, urf, urf, j'suis pas nyctalope bordel ! Satisfaction d’Otis Redding pour revoir enfin le pont Victor Hugo » ou « Afric Simone » (surement un des deux) et la remontée vers la voie ferrée.

Joe Strummer sur Redemption Song est tellement beau que je pourrais grimper en souriant les 21 virages de l’alpe d’huez  à côté de Pantani. La session stone qui suit me permet d’emballer les barres de HLM et les bords d’usine comme Clapton la femme d’Harrison, les doigts sur le manche…Spider & the Fly, country honk, parachute woman, dead flowers et mes Nike se retrouvent au milieu de la circulation. La maison est toute proche. Heureux, débordant de sueur et de contentement de soi, prêt à répondre présent à toute proposition de ministère. Je suis là Nico !

6 mai 2079, je suis mort d’un arrêt cardiaque, le casque sur les oreilles, serrant fort une vieille cléf USB qui nous permettait d’écouter de la musique dans les années 2000. Je suis partie une larme à l’œil, les jazz butchers m’ont accompagné jusqu’au bout – i hope I never get dry before I get old.-

 

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04/02/2011

Une journée avec ton maitre

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Tous les matins, je me lève sans aide à 5h58. Ainsi je peux faire savoir à mon assistant qui appelle à 6h00 pour me réveiller, qu’il n’est pas indispensable, dès le début de la journée.
Avant de déjeuner, je vérifie l’état des bourses internationales. Si elles sont en baisse et que je perds de l’argent, alors je suis d’une humeur massacrante et j’emmerde mes assistants  toute la journée. Par contre si elles montent et que je gagne encore plus d’argent, alors je suis ravi et pour le plaisir j’emmerde mes assistants  toute la journée.

Généralement, je me réveille dans des palaces où la chambre est si chère que j’exige une suite. Ce n’est pas que j’ai besoin d’espace mais, en tant que grand patron, je me dois d’exiger la plus grosse part du gâteau afin qu’un de mes assistants, ou même un autre grand patron, n’en profite pas.
Je me fais donc livrer tous les journaux du jour, repassés par ma secrétaire (j’ai horreur de me salir) et  le petit déjeuner le plus copieux possible. Mais ne bois qu’un thé. Ensuite je vais me plaindre de la mollesse des œufs brouillés, de l’acidité du jus d’orange ou même que le lait est trop tiède. Bien sur, je me plains uniquement à mon assistant qui est mon relais avec le monde extérieur. C’est un tel suceur de nœud que j’adore lui passer des savons au sujet de tout et de rien.

Devant mon thé, si je lis qu’il y a des grèves ou des conflits sociaux, je vire toujours une petite centaine de personne dans le monde afin que les autres comprennent bien la chance qu’ils ont. Mais si, dans la presse tout va bien, alors je vire toujours une petite centaine de personne dans le monde parce qu’il vaut mieux virer  que…Heu...

Ensuite,  nous partons dans des limousines énormes, moi, mon assistant et ma garde rapprochée, nous assistons à des réunions, des colloques, des séminaires ou des présentations, toutes ces occupations qui réclament de rester assis et de savoir parler gros chiffre sans se tromper pour rassurer les actionnaires et tout ces branleurs de trader. Parfois on me demande de lire des discours, des réponses  aux actionnaires, de jouer des  dialogues avec des vedettes de la télé. J’ai même expliqué la vie au petit prince devant 2000 managers. Il faut vraiment être fondu.

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Je mange tous les jours au restau ou dans des palaces. J’en ai plein le cul des petits pains rond et des entrées au saumon. Hélas, la finance n’est plus à l’épate mais au rendement. C’est dommage, j’aimais bien les seaux de caviar.
Après un verre de grand vin, je raconte toujours une anecdote sur mon, soi disant, passé de rugbymen. J’en rajoute sur le parallèle entre le capitaine d’une entreprise et celui d’une équipe de rugby. J’appuie bien sur le besoin d’être une équipe qui la joue collectif dans l’intérêt de la victoire. Les abrutis qui m’écoutent se prennent pour Chabal et oublient les miettes que je leur distribue pour ce faire piétiner.

L’après midi nous filons souvent, ma petite équipe et moi, vers une nouvelle destination, une autre réunion, une autre ville, un autre pays, un autre continent. Un autre endroit ou on se comprend question tutune. Limousines,  lounge de l’aéroport, avion 1ere class ou jet privée, limousine, Palace. Nous voila prêt pour finir la journée avant la réunion de demain. Généralement, je n’ai pas à lever mon cul de toute la journée, mes larbins doivent être  persuadé que je suis la réincarnation d’un truc pas croyable car ils sont prêts à tout pour moi. Les cons. Enfin c’est ce qu’ils me laissent penser.

Le soir, tout le monde écoute mes visions élito économico politico financières. Obligation, pour tout le monde de pouffer de rire devant mes saillis molles et minables. Je suis un gestionnaire pas un comique bon sang.
Je sens bien que tout le monde veut ma place et me lèche pour au moins garder la leur. Je sais bien que les vipères qui m’entourent riront de mes traits d’humour tant que j’aurai du pouvoir comme j’ai ri des blagues minables de mes prédécesseurs. Enfin seul, je me sens triste et décide avant de m’endormir d’emmerder encore plus ce tas d’indigents et de serrer encore plus le kiki des ineptes prolos qui leur obéissent. Sur ces pensées, je dors comme un bébé, rêvant de dégraissages sauvages, de salariés maniables et malléables,  d’un gouvernement qui ferait son possible pour me faire plaisir, des stocks options comme s’il en pleuvait et même parfois de jetons présence qui tombent tout seul.
La vie quoi !

Je suis une femme
Ali be good
M. Alliot Marie – le secret de mon teint

19/12/2010

Un brillant futur

Paul (mon pote qui chante toujours couscous saupiquet quand il est bourré ) m’a prié, m’a supplié à genou – Viens avec moiiiiiiiii ! – Mais j’ai continué de refuser.

Ce vil a alors utilisé des  moyens encore plus persuasifs.

-          Des infirmières G ! Des infirmières en blouse blanche !

-          Tu m’as déjà eu avec la soirée à la fac de science et c’était minable

-          Je te parle d’infirmières, les infirmières sont toujours nues sous leur blouse blanche G !

Alors, j’ai pris la décision de l’accompagner. Il faut savoir aider les amis. Et on est parti.

Depuis 3 ans,  maman-Paul passe ses après midi avec Papa Paul qui est « accueilli »  dans un centre spécialisé pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, une « maison Alzheimer ».  Mais aujourd’hui, la tuile. Elle ne peut pas venir et c’est à Paul et moi que revient d’aller visiter Papa-Paul et aussi  notre, (possible ?), futur domicile…

L’arrivée en bordure d’HLM récents est très sympathique et je note que nous disposons de moultes places  gratuites car le parking est vide. J’apprends que l’ambiance est beaucoup plus chaude le weekend. Je le note et me surprend à m’imaginer la place, un dimanche après midi, pleine et gai comme un lundi de pâques chez Disney land Paris. AU SECOURS !

Les portes vitrées s’ouvrent automatiquement et nous sommes accueillis par une rangée de vieillardes en chaise roulantes qui nous regardent comme le capitaine Kirk matant un vulcain avec des petites oreilles. Je saisie, soudainement, que cela ne va pas vraiment ressembler au sketch de l’hôpital de Benny Hill.

Paul passe devant moi et salue la compagnie d’un « salut les filles » qui en ferait rougir deux de plaisir si leur sang circulait encore et vociférer une, derrière sa dernière dent. Il m’emmène dans le réfectoire, dit aussi salle d’accueil, par grand froid ou temps de pluie et retrouvons enfin papa-Paul.

Papa Paul le magnifique, dit autrefois Monsieur Papa Paul,  n’est plus que l’ombre de lui-même. Amaigrie, émacié (cela veut dire la même chose) voire décharné (cela veut dire la même chose en pire), affalé en jogging dans une chaise roulante, il tremblote à notre vision, râle un "bonjour mon gamin" à son fils et me tend cinq doigts osseux et amorphe. Ces yeux semblent me reconnaitre mais dans le doute je lui rappelle mon nom et mes attributs.

-j’suis G Firmin, vous savez, le môme qui a pété le lustre de votre salon et à qui vous avez mis une  sacrée beuglante à ce sujet

Il me sourie, on croirait qu’il me reconnait. Oui, c’est bien lui, le morveux en short satin et basket Stan Smith qui avait gueulé service Lendl avant les évènements – un lustre ! Un !

Pauvre Papa-Paul, il rêvait que son fils devienne un ingénieur comme lui et finalement c’est lui qui est devenu comme son fils, passer ces journées en survêt ‘, a rien foutre.

Je laisse à Paul et son Papa un peu d’intimité et vais découvrir avec avidité l’étagère bibliothèque de l’autre coté de la pièce.

La traversée est torride, une vieille braille des insultes, une fillette égaie son papy, 2 mamies la regardent, les yeux brillants. Ce brillant qu’on retrouve souvent dans leurs yeux, est ce qu’ils pleurent, est-ce l’émotion ? C’est juste un dérèglement lacrymal, ça n’a rien à voir avec l’émotion m’a dit un infirmier. Ouf, j’ai failli m’attendrir.

Devant la bibliothèque, J’hésite à démarrer un Maurice Denuzière,  entamer la saga des gens de Mogador (le mal qu’à fait France Loisir devrait être puni) ou mater des culs inconnus dans un Voici de Juin 2003 mais grâce au seigneur  tout puissant, je me régale d’un Akim vraiment pas dégueu.

Soudain le refrain d’I wanna be your dog vrombi dans la salle d’accueil, Paul sort son téléphone pour répondre et, compréhensif, je prends sa relève au prés de papa Paul, pendant qu’il répond.

Papa Paul me parle, me souffle, me gémit et je ne capte que des bribes de phrases, de mots. J’essaie d’accrocher, de sourire, de partager mais je sens bien que notre dialogue sera aussi fructueux que celui du patronat et du prolétariat, l’envie d’enculer l’autre en moins comme  on dit chez les de villiers .

Pourtant, mon oreille s’acclimate au susurrement de papa Paul et je commence à saisir les grandes idées

-          T’es pas mon fils

Ça je le savais et je suis surpris par sa clairvoyance, ne souffre t-il pas d’Alzheimer ? Mais  

-          Ta mère…gni gni…salope

Ah.  Là je sens qu’il y a comme un problème mais ce brave homme ne souffre t-il pas d’Alzheimer ? Il poursuit

-          Des putes, …, J’en ai baisé…

Je m’imagine à son âge, en train de balancer à mes enfants toutes les horreurs que j’aurais commis d’ici là, ça m’angoisse mais je me dis qu’ils se diront la même chose que moi. Bah, il souffre d’Alzheimer, non ?

Paul est toujours absent mais papa Paul y revient, encore plus virulent.

-          T’es pas mon fils !

 L’affaire à l’air de l’énerver  Par chance, la plus jolie des infirmières passe dans mon champ de vision et je saisis cette occasion pour éviter d’en savoir trop sur les lourds secrets de la famille Paul

-          Hé ! Regardez comme elle est jolie, c’est pas un bout de printemps ça ?

Papa-Paul suit mon doigt et réagit à ce qu’il pointe (ce que pointe mon doigt !), je vois ses yeux s’embrumer du même dérèglement lacrymal que les vieilles de tout a l’heure et il me lâche un vieux sourire des familles qui en dit long sur le bonheur que lui amène la vision de cette  « superbe créature ».

Enfin Paul revient

-          Bordel, t’en as mis du temps !

-          C’est Titi, il n’arrive pas a enregistrer avec sa freebox !

Bien sur, des vrais problèmes…

De nouveau, je laisse Paul avec son papa et retourne à mon Akim, regrettant que cela ne fût pas un Zembla !

 Sur la route du retour, j’évite d’aborder ce problème de fils ou pas fils  mais Paul et moi nous retrouvons sur un point.

-          Tu préfères mourir jeune ou finir comme un légume avec une jolie fille qui passe une fois par jour devant toi ?

On s’est regardé, Paul a levé le pied de l’accélérateur, la Corsa Steffi Graff à 60 sur l’autoroute.

Pas de doute, on ira jusqu’au bout, au bout.

 

alzheimer,maison alzheimer


 
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Je suis méchant, je fais peur aux enfants,
je rate pas une occasion pour dire une connerie, je suis ? Je  suis ?

 

 

07/08/2010

Ils font rire les gosses, mes tics

Coucou  tata

Plein de gros bisous de Mouillard sur Veuze ou l’on passe de très bonne vacance.

 

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On s’amuse bien et je suis très gentille avec ma petite sœur.

Papa a un nouvel ami que maman appelle le caviste et il n’arrête pas de boire un liquide un peu comme la grenadine  que son copain lui amène tous les 3 jours. Maman dit que c’est ce qu’il boit qui l’énerve et c’est pour ça qu’il est en rogne lorsqu’il regarde les infos ou le journal. Maman dit aussi que c’est  parce qu’il a encore complètement merdé au boulot qu’on est dans ce trou pourri mais moi je rigole bien.

Hier papa a repris une crise contre les produits de salle de bain des filles, Comme la dernière fois,  il a tout foutu à la poubelle. Il hurlait – Plus un rond pour l’UMP ! – et ça faisait pas rigoler maman. Elle a essayé de sauver son gel pour les cheveux en criant – C’est pas l’oréal, c’est Schwarzkopf ! – Mais ça a encore plus énervé papa parce qu’il n’aime pas non plus les généraux américains, comme il dit. Il a balancé de toute ses forces le gel qui a volé dans le poste radio de l’abruti décérébré d’en face (c’est son nom, papa il a dit). Le poste il a explosé sous l’impact et on a plus entendu Europe 1 qui diffusait une chanson de Christophe Mahé. Ca nous a tous fait du bien, même maman avait l’air soulagé et papa, il a même invité l’abruti décérébré d’en face à boire un coup.

Depuis on entend plus toute la journée la radio du voisin et c’est encore plus chouette les vacances.

Hier soir, papa m’a dit qu’il avait fait une frappe chirurgical comme il avait appris quand il était GI marines du Massachaussette de la guerre du golf.

A bientôt

Gros bisous

"ah si il y avait eu un bidet ce soir là..."
L Bettancour - Déposition DBMB 741025 15h23

 

12/12/2009

Et Paul et moi

 Paul (mon pote qui chante toujours  couscous  Saupiquet quand il est bourré) m’a chopé dans la rue. Je me promenai avec la petite en attendant de choper la grippe A ou du boulot, au choix, je suis ouvert aux 2. Paul n’en revient pas de ce qu’il vient de découvrir, il loue l’hiver et ses frimas comme De Villiers le seigneur ou Frêche la sainte connerie.

-         Suis moi, il faut absolument que tu viennes voir ça, c’est encore plus fort que le clip des jeunes de l’UMP, ça révolutionne tout, c’est de la boulversitude pure. Mais attention, c’est érotique. Viens avec moi, c’est gratuit et c’est  tout le temps.

Je montre à Paul la douce enfant qui m’accompagne et lui explique qu’il est hors de question que j’aille voir un truc de cul à la con en sa présence. Il faut donc trouver un moyen de m’en débarrasser.

-          Ne t’inquiète pas pour la petite, tout est prévue… Viens vite c’est une bonne heure…

Entre doute et excitation, je choisis le second et file le train à un Paul ravi et pressé. Nous filons vers une grosse pharmacie du centre

-          J’adore celle la, les sièges sont supers confortables.

-          Hum, mais encore Paul ?

Nous entrons, Paul est surexcité, la pharmacie est pleine. Il m’entraine s’assoir sur les bancs réservés aux personnes âgées, prés des  caisses et à coté des jeux d’enfant ou la gamine part immédiatement. La place parfaite, il est vrai mais…

-Paul, merde, peux tu me dire qu’es ce qu’on fout là, bordel, en plus t’as vu la queue ?

- N’en rajoute pas, sois patient, on ne peut tout de même pas tout avoir tout de suite. Oui j’ai vu la queue et c’est justement pour cela que ça va être formidable. Tu vois cette belle brune qui tousse,  cette jolie frisée emmitouflée dans son châle et cette grande blonde sur le retour un peu guindée qui toussote. Je me régale d’avance.

Paul me fait signe de me taire et d’ecouter, car une belle vendeuse de chaussure (que sais je) s’approche du guichet. Je lève un sourcil d’affliction et suis tout ouïe.

Cette brave dame semble avoir tous les symptômes d’un bon coup de froid et alors  que je m’apprête à parier sur un traitement de pastille de merde, Paul me pose la main sur la cuisse et réclame toute mon attention

- Et vous avez du mal à avaler ?

- oui, un peu.

- Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrgh, grogne Paul en pleine extase, je ne m’en lasse pas.

Les deux protagonistes de ce moment d’érotisme oral se retournent vers nous. Paul est avachie, les yeux mi clos et encore balbutiant. Je suis un peu plus présentable et leur fait un sourire gêné ainsi que le coup du mec qui s’occupe de son môme.

On s’est fait virer à la jolie frisée emmitouflée dans son châle .

Et vous avez du mal à avaler ?
Non mais j’ai mal au cul !
La France en 2009 – Livre d’histoire 1ere S – prog 2025

 
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