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22/07/2012

été 2012 - 2

"Bon, bin je vais au cabinet" ai-je dis, étalant une fois de plus ma classe naturelle. J’ai attrapé le premier magazine qui trainait sur la table basse, choppé mon bon Bic ReAction gel (je me répète mais un jour la maison Bic m’enverra un chèque pour toute la pub que je leur fais) et serrant les fesses, j’ai couru vers ce lieu ou un homme entre et un prince sort, en espérant trouver un bon "mots fléchés", le temps d’évacuer la pizza 4 saisons minable avalée la veille.

Je pose mon séant sur le trône et pas de bol, je découvre un  Madame Figaro. Madame figaro ? Mais c’est quoi ce truc ? Le Figaro Madame ? Non ! C’est un nouveau magazine féminin ! Whoua ! Exactement tout ce que je hais, con comme un magazine féminin et de droite comme un Figaro Madame. Autant dire que j’ai du lourd entre les mains. Voila qui devrait me permettre de pousser dans la joie et la bonne humeur.

La mannequine à choucroute de la couverture aurait due éveiller mes soupçons mais mon œil usé par la couillonerie des Directeurs artistiques n’a rien vue venir. Pourtant après  les 6 pages de  pubs  habituelles, un effroi m’effraie. "Soyez rebelles" dit l’éditorial.  Surpris, je regarde la signature de ce brulot punk entre deux poussées et découvre qu’il est signé de l’ineffable Inepte de la Faisandé. Sus aux mots fléchés, je vais lire ce cri antisocial et me finir au Lotus 3 épaisseurs.

Alors que la sus dite rebelle me site "Tout ce qui brille" (apparement un film...) comme modèle révolutionnaire, je décide d’évacuer mon trop plein organique plus rapidement que prévue, l’habituelle gamine à  poil qui sert de mannequin ne m’arrête pas  et même le retour du soulignement comme parti pris visuel ne saurait retenir mon éruption anal. Ce nouveau mag' est vraiment à chier et son mot croisé de page 98 ne me servira pas d’excuse pour rester une seconde de plus à livrer ma commission.

Je sors, tel un prince, de ce lieu dit d’aisance, me répétant une bonne fois pour toute que l’on ne m’y reprendra plus avec un de ces sulfureux magazines. Toutefois en reposant ce torchon dont le glacé du papier l’a sauvé du torchage qu’il méritait, je glisse un œil sur la couverture d’un de ses confrères et néanmoins concurrent, le "Elle" de la semaine. Comme d’habitude, j’y croise une grougnasse poseuse en photo (pléonasme qui plait aux masses) mais un titre éveille mon attention, "La pipe, le ciment du  couple".

Pour la première fois de ma vie je décide de conseiller la lecture de "Elle" à toutes mes connaissances féminines  et  traverse le camping  avec un casque de chantier sur la tête, une truelle à la main et l’obligatoire rouleau de PQ sous le coude.

Non vraiment, cet  été n’est pas comme les autres.

magazine feminin,vacances,mouillard sur veuze

 

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04/02/2011

Une journée avec ton maitre

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Tous les matins, je me lève sans aide à 5h58. Ainsi je peux faire savoir à mon assistant qui appelle à 6h00 pour me réveiller, qu’il n’est pas indispensable, dès le début de la journée.
Avant de déjeuner, je vérifie l’état des bourses internationales. Si elles sont en baisse et que je perds de l’argent, alors je suis d’une humeur massacrante et j’emmerde mes assistants  toute la journée. Par contre si elles montent et que je gagne encore plus d’argent, alors je suis ravi et pour le plaisir j’emmerde mes assistants  toute la journée.

Généralement, je me réveille dans des palaces où la chambre est si chère que j’exige une suite. Ce n’est pas que j’ai besoin d’espace mais, en tant que grand patron, je me dois d’exiger la plus grosse part du gâteau afin qu’un de mes assistants, ou même un autre grand patron, n’en profite pas.
Je me fais donc livrer tous les journaux du jour, repassés par ma secrétaire (j’ai horreur de me salir) et  le petit déjeuner le plus copieux possible. Mais ne bois qu’un thé. Ensuite je vais me plaindre de la mollesse des œufs brouillés, de l’acidité du jus d’orange ou même que le lait est trop tiède. Bien sur, je me plains uniquement à mon assistant qui est mon relais avec le monde extérieur. C’est un tel suceur de nœud que j’adore lui passer des savons au sujet de tout et de rien.

Devant mon thé, si je lis qu’il y a des grèves ou des conflits sociaux, je vire toujours une petite centaine de personne dans le monde afin que les autres comprennent bien la chance qu’ils ont. Mais si, dans la presse tout va bien, alors je vire toujours une petite centaine de personne dans le monde parce qu’il vaut mieux virer  que…Heu...

Ensuite,  nous partons dans des limousines énormes, moi, mon assistant et ma garde rapprochée, nous assistons à des réunions, des colloques, des séminaires ou des présentations, toutes ces occupations qui réclament de rester assis et de savoir parler gros chiffre sans se tromper pour rassurer les actionnaires et tout ces branleurs de trader. Parfois on me demande de lire des discours, des réponses  aux actionnaires, de jouer des  dialogues avec des vedettes de la télé. J’ai même expliqué la vie au petit prince devant 2000 managers. Il faut vraiment être fondu.

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Je mange tous les jours au restau ou dans des palaces. J’en ai plein le cul des petits pains rond et des entrées au saumon. Hélas, la finance n’est plus à l’épate mais au rendement. C’est dommage, j’aimais bien les seaux de caviar.
Après un verre de grand vin, je raconte toujours une anecdote sur mon, soi disant, passé de rugbymen. J’en rajoute sur le parallèle entre le capitaine d’une entreprise et celui d’une équipe de rugby. J’appuie bien sur le besoin d’être une équipe qui la joue collectif dans l’intérêt de la victoire. Les abrutis qui m’écoutent se prennent pour Chabal et oublient les miettes que je leur distribue pour ce faire piétiner.

L’après midi nous filons souvent, ma petite équipe et moi, vers une nouvelle destination, une autre réunion, une autre ville, un autre pays, un autre continent. Un autre endroit ou on se comprend question tutune. Limousines,  lounge de l’aéroport, avion 1ere class ou jet privée, limousine, Palace. Nous voila prêt pour finir la journée avant la réunion de demain. Généralement, je n’ai pas à lever mon cul de toute la journée, mes larbins doivent être  persuadé que je suis la réincarnation d’un truc pas croyable car ils sont prêts à tout pour moi. Les cons. Enfin c’est ce qu’ils me laissent penser.

Le soir, tout le monde écoute mes visions élito économico politico financières. Obligation, pour tout le monde de pouffer de rire devant mes saillis molles et minables. Je suis un gestionnaire pas un comique bon sang.
Je sens bien que tout le monde veut ma place et me lèche pour au moins garder la leur. Je sais bien que les vipères qui m’entourent riront de mes traits d’humour tant que j’aurai du pouvoir comme j’ai ri des blagues minables de mes prédécesseurs. Enfin seul, je me sens triste et décide avant de m’endormir d’emmerder encore plus ce tas d’indigents et de serrer encore plus le kiki des ineptes prolos qui leur obéissent. Sur ces pensées, je dors comme un bébé, rêvant de dégraissages sauvages, de salariés maniables et malléables,  d’un gouvernement qui ferait son possible pour me faire plaisir, des stocks options comme s’il en pleuvait et même parfois de jetons présence qui tombent tout seul.
La vie quoi !

Je suis une femme
Ali be good
M. Alliot Marie – le secret de mon teint

 
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