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25/07/2012

Un été 2012 -3

Oublié la Syrie,  les licenciements a tout va, l’anniversaire de la rafle du vel' d’hiv’, la tuerie américaine, la tuerie norvégienne de l’année dernière, l’arrivée du tour, le salaire de Zlatan ou même les premiers vrais beaux jours depuis 3 ans. Oublié tout ça, le seul sujet qui importe, une fois que les enfants sont couchés, c’est, bien sur, cette histoire de « pipe, ciment du couple » qu’a osé mettre en couverture l’hebdo néomachiste et néanmoins féminin « Elle ».

A table, chacun a son opinions et, selon le sexe, les avis divergent (pine, vît, sexe et verge dans la même phrase, ça  suffit ou je vous en remets ?). Les vieux couples dans mon genre n’en rajoutent pas, on n’est pas là pour étaler notre vie privée, surtout qu’une fois bourré, on a vite fait de balancer des trucs qu’on pourrait regretter les 15 prochaines années. A peine si on ose dire qu’il faut vraiment qu’ils n’aient plus rien à dire à la rédaction de ce magazine pour titrer des trucs pareils (comme d’habitude, personne  n’a  lu l’article entièrement).

Pour les célibataires, c’est une autre paire de manche (comme dirait le batteur des Def leppard). Ils peuvent balancer sur leur ex’, leurs envies  ou leurs futures. Au pire ils compromettent une possible idylle, au mieux, ils l’excitent.

Loretta se marre, dédaigneuse.

-    - Le ciment du couple c’est un bon bœuf carotte

Elle sait de quoi elle parle, avec ses 2 mômes et le père qui s’est barré il y a 3 ans pour une gamine de 10 ans sa cadettes, ses arguments tombent un peu à plat mais personne ne relève("le plat que l'on relève", si c'est pas une super astuce en rapport avec le boeuf carotte,  je me la pose sur le barbecue dimanche prochain !).

Paul (mon pote qui chante toujours "couscous Saupiquet" quand il est bourré) agrée même dans sa direction et la poesie lui monte à la bouche au rythme ou les liquides en descendent.

-  -- C’est vrai que, même tout seul, on arrive toujours à se vider les couilles alors que se remplir le ventre agréablement nécessite un peu plus qu’une main droite et un tour sur Youporn.

Le rosé coule à flot, les grillades se font dévorer et nos 2 célibataires cèlent leur accord. La pipe, le cul et toutes ses conneries pour faire vendre du papier ne valent rien face au bonheur de se remplir la panse en arrosant le tout. Loretta oublie ce qu’elle pensait de Paul deux heure plus tôt, "ce cas social à l’hygiène douteuse", Paul oublie ce qu’il me glissait le matin même à son sujet, "pourquoi t’as invité cette vieille chieuse (elle a 5 ans de moins que lui !) avec ses insupportables chiarres" et vers 1 heure du matin nous les laissons avec une moitié de BIB (bag in Box) de rosé et une furieuse envie d’accorder leur violon.

Tôt le matin, je suis réveillé par la sonnerie "merci Patron*"  de mon Smartphone qui signifie, enfin, un probable plan boulot pour sauver le mois de Juillet. Je descends à la recherche du téléphone, l’odeur âpre du stupre et de la suée de rosé me prend les narines. Le mini salon de notre location minable a été retourné, bouleversé. Une flasque de plastique qui, autrefois abritait 5 litres de rosé de Provence git sur le sol.  Le téléphone sonne toujours, mais ou est il ? Là ? Non c’est une chaussette. Là ? Herk ! C’est un soutien gorge qui trempe dans le cendrier. Ici ? Pouah ! C’est un préservatif usagé qui tremble encore.

Il est là ! Là, juste sous, sous… Non, ce n’est pas possible. Juste sous un slip kangourou aux couleurs plus que douteuses vrombit une dernière fois mon téléphone. Je refuse d’en approcher ou ma bouche, ou mon oreille. Devant ce spectacle, je refuse même de le prendre en main, je regarde ce slip immonde livrer un dernier soubresaut. Paul sur le canapé me sourit avec un V de la victoire puis me surprend d’un pet matinal tonitruant (comme Al Pacino dans Scarface). A ses cotés, Loretta, planquée sous un drap, est obligée de sortir la tête pour éviter l’asphyxie.

J’ai probablement raté le moyen de sauver le mois de Juillet, ça va être dur d’expliquer ça à la banquière, mais je ne toucherai plus jamais ce téléphone.

Décidément cet été n’est pas comme les autres.

" Cette Loretta, c’est tout de même une sacrée suceuse. " 
"Ce Paul, c’est tout de même un sacré con."
Paul et Loretta  - Un été 2012


vacances,mouillard sur veuze,

 

"Si tu vas a Rio, restes-y"
Ronnie Biggs - "je me casse du siècle"

 

ete2012.gif


 
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